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Home » BIM et Facility Management » La maintenance Run to failure : qu’est-ce que c’est et quand la mettre en œuvre ?

La maintenance Run to failure : qu’est-ce que c’est et quand la mettre en œuvre ?

La maintenance run to failure (RTF) est une stratégie qui prévoit des interventions programmées à des pannes déjà survenues. Découvrez quand il est utile de la mettre en œuvre et quels avantages cela comporte

Editorial Team / mai 20, 2025


Planifier et mettre en œuvre la gestion et la maintenance des installations, des bâtiments, des infrastructures ou de tout autre actif peut être un travail long et compliqué. Heureusement, il existe des logiciels de GMAO qui simplifient la gestion des actifs, quel que soit le type de maintenance que nous décidons d’adopter pour le bien. Dans cet article, nous voyons un type de maintenance à panne : la run to failure maintenance.

Table des matières

  • Qu’est-ce que la maintenance run to failure ?
  • Run to failure vs. autres stratégies de maintenance
  • Quel est un exemple de maintenance en run to failure ?
  • Quand et pourquoi est-il utile de mettre en œuvre une stratégie de maintenance run to failure ?
  • Comment mettre en œuvre la maintenance run to failure dans son propre plan de maintenance ?
  • Quels sont les avantages et les inconvénients de la maintenance run to failure ?
  • FAQ- Run to failure

Qu’est-ce que la maintenance run to failure ?

La run to failure maintenance, indiquée par l’acronyme RTF, est cette stratégie de maintenance corrective planifiée qui agit en intervenant sur les pannes déjà survenues. Une approche de maintenance de ce type utilise les ressources pour toute leur durée de vie utile, en les remplaçant ou en les réparant seulement lorsqu’elles présentent une panne et/ou cessent de fonctionner, réduisant ainsi les coûts totaux de maintenance.
Cependant, l’application de cette stratégie de maintenance nécessite quelques précautions telles que : 

  • connaître les modes d’intervention et de réparation/remplacement ;
  • avoir déjà à disposition l’équipement et les pièces de rechange ;
  • disposer du personnel de maintenance ;

Il est important que ces précautions soient prises avant que la panne ne survienne, afin de réduire au minimum les temps d’intervention et d’éviter tout dommage supplémentaire, tout dysfonctionnement ou toute stratégie de maintenance différée.

Run to failure vs. autres stratégies de maintenance

Dans le domaine de la gestion des installations et des équipements et, plus généralement, des actifs entiers, il existe différentes stratégies de maintenance, chacune avec des caractéristiques, des avantages et des limites spécifiques. Parmi celles-ci, la stratégie «Run to Failure« (RTF) est souvent comparée à d’autres approches plus traditionnelles ou avancées, telles que la maintenance réactive, préventive et prédictive.

Voyons alors ensemble les principales différences entre ces méthodologies, en mettant particulièrement l’accent sur les contextes d’application, la gestion des coûts et des risques, et le niveau de planification requis.

Run to failure vs. maintenance réactive

La maintenance «run to failure» et la maintenance réactive sont toutes deux des formes de maintenance en cas de panne, la différence réside cependant dans la planification ou non de l’intervention de maintenance et dans la criticité de la panne. En particulier : 

  • la «run to failure» est une stratégie corrective planifiée et conçue pour réduire au minimum les coûts totaux de maintenance. Elle implique une planification des interventions correctives à entreprendre après la panne. Ce type de maintenance est praticable sur des actifs non critiques qui n’ont aucun impact sur la productivité ou la sécurité de l’organisation ;
  • la maintenance réactive est une stratégie de maintenance non planifiée qui est effectuée lorsque un actif tombe en panne soudainement, entraînant son arrêt et devant être réparé pour ne pas compromettre la productivité ou la sécurité de l’organisation.

Run to Failure vs maintenance préventive

La maintenance préventive est une stratégie qui prévoit des interventions régulières et planifiées sur un actif pour prévenir les pannes. Ces interventions sont effectuées selon un programme temporel prédéfini ou selon certains critères de fonctionnement.
D’autre part, la maintenance «run to failure» n’intervient qu’après qu’une panne s’est produite, en remplaçant ou en réparant le composant défaillant. Les principales distinctions sont : 

  • approche temporelle : la maintenance préventive est basée sur un programme temporel ou des critères de fonctionnement prédéfinis, tandis que la RTF ne prévoit pas d’interventions préventives ;
  • coûts et ressources : la maintenance préventive nécessite l’allocation de ressources et de temps pour les interventions planifiées, tandis que la RTF réduit au minimum les coûts et les ressources utilisés jusqu’à ce qu’une panne survienne ;
  • gestion du risque : la maintenance préventive vise à réduire le risque de panne par des interventions préventives, tandis que la RTF accepte le risque de pannes soudaines en échange de coûts de maintenance plus bas.

Run to Failure vs maintenance prédictive

La maintenance prédictive est basée sur l’analyse des données et la surveillance continue des conditions de l’actif pour prévoir le moment optimal pour la maintenance. Cette stratégie utilise des indicateurs tels que les vibrations, les températures ou d’autres signaux pour identifier les premiers signes de défaillance et intervenir avant que la défaillance réelle ne se produise.

Les principales différences sont : 

  • moment de l’intervention : la maintenance prédictive intervient avant qu’une défaillance réelle ne se produise, tandis que la RTF n’intervient qu’après que la défaillance s’est déjà produite ;
  • utilisation des données : la maintenance prédictive est basée sur l’analyse des données pour prévoir les défaillances, tandis que la RTF ne nécessite pas d’analyse prédictive des données ;
  • coûts et ressources : la maintenance prédictive peut nécessiter des investissements dans des technologies de surveillance et d’analyse des données, tandis que la RTF peut être moins coûteuse en termes de coûts de mise en œuvre.

Quel est un exemple de maintenance en run to failure ?

Un exemple de maintenance run to failure est celui qui concerne le remplacement des pièces d’un actif dont la défaillance, et donc l’interruption de fonctionnement, ne provoque pas d’autres pannes sur le reste de la ressource ou ne génère pas de désagréments pour les utilisateurs.

Le remplacement d’une ampoule, par exemple, peut facilement entrer dans le cadre d’un plan de maintenance run to failure. Cela est dû au fait qu’une fois qu’une ampoule cesse de fonctionner : 

  • il y aura certainement d’autres ampoules pour éclairer la pièce ;
  • avoir un stock d’ampoules de rechange est simple et ne nécessite pas d’investissements excessifs ;
  • le non-fonctionnement pendant une courte période ne présente pas de risques pour la sécurité des utilisateurs.

Il est important de rappeler qu’il n’existe pas toujours une seule stratégie de maintenance adaptée à un seul actif, mais il est possible de combiner plusieurs types de maintenance en fonction de la ressource. Il est donc probable que la maintenance run to failure sera appliquée dans le cadre du plan de maintenance sur les ressources ou parties de celles-ci dont le dysfonctionnement ne présente pas de risques pour la sécurité et peut être réparé par la suite, en exploitant au maximum la ressource elle-même et en économisant ainsi sur les coûts totaux d’intervention.

Run to failure flux de travail

Run to failure flux de travail

Quand et pourquoi est-il utile de mettre en œuvre une stratégie de maintenance run to failure ?

La maintenance run to failure est utile lorsque l’application d’un autre type de maintenance est plus coûteuse que le remplacement même de la ressource. L’exemple de l’ampoule mentionné précédemment est pertinent : il est plus avantageux, tant d’un point de vue économique que logique d’intervention, d’intervenir sur une ampoule grillée que de la remplacer de manière préventive alors qu’elle fonctionne encore.
Si donc la défaillance a un impact minimal sur les performances globales de l’actif, une approche run to failure est préférable à une maintenance préventive.

En général, la maintenance run to failure est adaptée pour : 

  • les ressources ayant une courte durée de vie qui peuvent donc simplement être remplacées à la fin de leur cycle de vie ;
  • les biens qui, par leur nature même, sont qualifiés de « jetables » ;
  • les biens, et/ou parties de ceux-ci, durables et associés à un faible risque de défaillance ;
  • les actifs non critiques dont la défaillance n’affecte pas l’utilisation du reste du bien ;
  • les ressources pour lesquelles il est compliqué d’appliquer un autre type de maintenance.

Comment mettre en œuvre la maintenance run to failure dans son propre plan de maintenance ?

Pour pouvoir mettre en œuvre avec succès ce type de maintenance, quelques précautions seront nécessaires, notamment : 

  • un bon inventaire et la disponibilité de pièces de rechange permettant de remédier rapidement à la défaillance par un remplacement intégral ou partiel de la pièce ;
  • du personnel formé et disponible pour intervenir rapidement afin d’éviter d’autres dommages,
  • une planification de la maintenance grâce au support de logiciels de GMAO qui aident à planifier les activités, gérer les ordres de travail et les tickets de manière intégrée afin d’optimiser l’utilisation des ressources et réduire les interférences.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la maintenance run to failure ?

Ce type particulier de maintenance doit être appliqué uniquement après une étude approfondie des risques associés à la défaillance des différentes parties de l’actif, afin d’éviter des dommages plus graves. Néanmoins, lorsqu’il est applicable, la maintenance «run to failure» présente certains avantages à prendre en compte : 

  1. planification minimale : en agissant après la défaillance, il n’est pas nécessaire de programmer les interventions à l’avance, mais on interviendra seulement après en fonction des dommages ;
  2. coûts initiaux réduits : aucun investissement dans des outils ou technologies prédictives ou préventives ;
  3. facilité de mise en œuvre : mettre en œuvre les interventions après la défaillance, en ayant des pièces et du personnel à disposition, est facile et intuitif ;
  4. faibles coûts de maintenance : utiliser les ressources jusqu’à la fin de leur cycle de vie peut réduire les temps d’arrêt et éviter d’intervenir sur des pièces encore fonctionnelles ; cependant, cela ne vaut que pour les biens qui sont rapides et faciles à remplacer et surtout pour les parties des actifs considérées comme “non critiques”.
  5. optimisation de l’utilisation du composant : on exploite le bien jusqu’à la fin de son cycle de vie utile ;
  6. idéal pour les actifs non critiques : la RTF est adaptée aux composants à faible coût ou facilement remplaçables, dont la défaillance ne compromet pas la sécurité ou la productivité.
Avantages de la maintenance Run to Failure

Avantages de la maintenance Run to Failure

Il est important de noter cependant que ce type de stratégie de maintenance peut comporter certains inconvénients, notamment : 

  • risque de pannes soudaines : la maintenance RTF peut comporter le risque de pannes soudaines, qui pourraient affecter la productivité ou la sécurité ;
  • coûts indirects élevés : si appliquée à des actifs critiques, les arrêts de machine peuvent entraîner de graves pertes économiques ;
  • risques pour la sécurité : en cas de pannes sur des composants importants, les risques pour la sécurité du personnel sont potentiellement plus élevés ;
  • gestion de l’inventaire des pièces de rechange : ne pas agir de manière préventive nécessite d’être prêt à intervenir en cas de panne, ce qui nécessite la disponibilité immédiate des pièces de rechange pour réduire les temps d’arrêt ;
  • stress accru pour les équipes techniques : la maintenance se fait en urgence, et donc, souvent sous pression ;
  • possible augmentation des temps d’inactivité : les interventions en cas de panne pourraient causer des temps d’inactivité non planifiés, affectant la productivité opérationnelle.

L’avenir de la maintenance «run to failure» pourrait voir une plus grande intégration de technologies avancées, telles que l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle, pour optimiser les interventions en cas de panne. Cependant, la RTF continuera d’être une stratégie pertinente dans des contextes où les coûts de maintenance doivent rester bas et le risque de pannes soudaines est acceptable.

Dans les articles que nous avons consacrés aux types de maintenance, nous avons vu comment celle-ci est parmi les phases les plus délicates de l’ensemble du cycle de vie d’un bien et malgré le fait qu’il existe divers types de maintenance applicables et combinables en fonction du bien et de ses caractéristiques, il est indispensable d’utiliser des logiciels spécifiques de support à la maintenance et à la gestion.

Pour cette raison, nous vous conseillons d’essayer une GMAO qui vous aide dans la planification, la gestion et le suivi des activités de maintenance afin d’obtenir ainsi une réduction des temps et des coûts de maintenance.

FAQ- Run to failure

Qu’est-ce que la maintenance Run to Failure ?

La maintenance Run to Failure (RTF) est une stratégie de maintenance corrective et planifiée qui consiste à intervenir uniquement après qu’un composant ou un équipement a subi une panne.

Avec cette approche : 

  • on utilise une ressource jusqu’à la fin de sa vie utile, sans effectuer d’interventions préventives ou prédictives ;
  • la réparation ou le remplacement n’a lieu que lorsque le composant cesse de fonctionner.

Pourquoi le programme Run to Failure est-il considéré comme efficace sur le plan des coûts ?

Le programme de maintenance «Run to Failure» (RTF) est considéré comme efficace sur le plan des coûts car il utilise les ressources jusqu’à la fin de leur cycle de vie, évitant d’intervenir sur des pièces encore fonctionnelles. Il est cependant utile surtout lorsqu’il est appliqué à des composants non critiques et facilement remplaçables qui ne compromettent pas la productivité et la sécurité des travailleurs.

Quand utilise-t-on la maintenance Run to Failure ?

La maintenance Run to Failure (RTF) est utilisée dans des contextes spécifiques où laisser un composant tomber en panne avant d’intervenir est plus rentable et sûr par rapport à l’application de stratégies préventives ou prédictives. Ces contextes concernent par exemple : 

  • les actifs non critiques dont la panne n’affecte pas significativement la productivité ou la sécurité ;
  • les composants à faible coût et facilement remplaçables ;
  • les cas où le coût de la maintenance préventive dépasse celui du remplacement après panne ;
  • les réalités où il existe une disponibilité immédiate de pièces de rechange et de personnel pour des interventions rapides.

Quels sont quelques exemples de maintenance Run to Failure ?

Des exemples concrets de maintenance Run to Failure (RTF), c’est-à-dire des situations où l’on laisse intentionnellement un composant tomber en panne avant d’intervenir, peuvent être : 

  • ampoules : on ne les remplace pas tant qu’elles ne sont pas grillées ;
  • pompes ou moteurs auxiliaires non essentiels : qui ne causent pas l’arrêt de l’installation ;
  • fusibles : conçus pour se casser en cas de surcharge, ils ne sont remplacés qu’après avoir grillé ;
  • filtres jetables (ex. CVCSE) : non surveillés en permanence, mais remplacés après blocage ou baisse de performance ;
  • dispositifs mobiles d’entrepôt : comme des étiqueteuses ou des terminaux portables secondaires ;
  • ventilateurs de refroidissement pour équipements non critiques : non surveillés en continu et on n’intervient que lorsqu’ils cessent de fonctionner.

Quels sont les avantages de la maintenance Run to Failure ?

Parmi les avantages de la Run to Failure, on trouve : planification minimale, coûts initiaux réduits, facilité d’implémentation, optimisation de l’utilisation du composant, faibles coûts de maintenance, idéal pour des actifs non critiques.

Quels sont les inconvénients de la maintenance Run to Failure ?

Les inconvénients de la Run to Failure sont : risque de pannes soudaines, coûts indirects élevés, risques pour la sécurité, gestion de l’inventaire des pièces de rechange, stress accru pour les équipes techniques, possible augmentation des temps d’inactivité.

 

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