L’IFC et les systèmes de classifications dans le secteur de la construction
SfB, UniClass, UniFormat, MasterFormat, OmniClass: tout ce que vous devez savoir sur I'IFC et les systèmes de classifications dans le secteur de la construction

Dans le monde du Building Information Modeling (BIM), la gestion structurée des informations est la clé pour garantir la cohérence, l’interopérabilité et la qualité des données tout au long du cycle de vie de l’œuvre. Dans ce contexte, la classification joue un rôle central : elle permet d’organiser et de coder les informations de manière unique, favorisant la collaboration entre les différents acteurs du processus de construction et améliorant la communication entre différents logiciels et plateformes.
Mais qu’est-ce qu’une classification dans le BIM et pourquoi est-elle si importante dans les modèles IFC ?
Dans cet article, nous approfondirons les principaux modèles de classification, analyserons les systèmes de classification les plus répandus et découvrirons comment ils sont appliqués dans les modèles IFC.
Enfin, nous verrons comment un visualiseur IFC permet de créer, modifier et vérifier facilement les classifications directement au sein d’un modèle 3D.
Table des matières
- Qu’est-ce qu’une classification dans le BIM et pourquoi est-elle fondamentale dans les modèles IFC
- Modèles de classification : hiérarchique-énumératif et analytique-synthétique
- Systèmes de classification de construction les plus répandus et leur application dans les modèles IFC
- La norme ISO 12006-2 : cadre général des systèmes de classification BIM
- Les recommendations de buildingSMART France
- L’IfcClassificationReference: L’IFC et les systèmes de classification dans le bâtiment
- L’IFC et les systèmes de classification dans le bâtiment : comment faire de façon opérationnelle
- Vérifier et lire les classifications IFC attribuées
- Télécharger des fichiers d’exemple et des logiciels
- FAQ sur la classification IFC
Qu’est-ce qu’une classification dans le BIM et pourquoi est-elle fondamentale dans les modèles IFC
Le terme classification fait référence à toutes les activités ou processus nécessaires à la gestion des connaissances. Les processus et activités ont pour but de classer les données, quelles que soient leurs natures, dans des classements appropriés (classes, sections, catégories ou espèces) reliées entre eux par des relations et des liens.
Pour être valable, un système de classification doit répondre aux exigences suivantes :
- la stabilité : il doit être applicable dans tout contexte sans modification substantielle ;
- la flexibilité : il doit être extensible par l’ajout de nouvelles parties.
Aristote a été le premier à introduire un système d’organisation des connaissances, lorsqu’il s’est occupé de la classification des êtres vivants, en les divisant en deux groupes principaux, les plantes et les animaux, puis en sous-groupes. Il a été le premier taxonomiste (du grec taxis, classement et nomos, norme ou règle), organisant l’information dans une structure hiérarchique.
Aujourd’hui, de manière plus générale, la taxonomie désigne toute organisation d’entités ou de concepts organisés hiérarchiquement en une structure pouvant ressembler à la forme d’un arbre. La catégorie la plus générale est représentée par le nœud racine. Du nœud racine, en passant par les catégories pères et les sous-catégories fils, on arrive aux nœuds feuilles qui représentent les objets en détail.
En général, les objets peuvent être regroupés selon 2 modèles d’organisations :
- classification hiérarchique et énumérative;
- classification analytique et synthétique (ou à facettes).
Modèles de classification : hiérarchique-énumératif et analytique-synthétique
Comment fonctionne la classification hiérarchique-énumérative
Le système de classification par hiérarchie et énumération est un système de classification plus traditionnel basé sur la taxonomie. Grâce à une structure hiérarchique rigide et unidimensionnelle à fort développement vertical, chaque élément est classé dans une seule catégorie. Toutes les catégories sont reliées entre elles par une organisation de sous-ensembles, comme des boîtes chinoises.
Chaque élément classé a une position unique dans cette hiérarchie et peut être trouvé par un cheminement en escalier, allant de l’ensemble d’éléments le plus général aux éléments les plus spécifiques.
Les exemples qui appartiennent à ce type de classification peuvent être des arbres généalogiques ou la subdivision des livres en chapitres, sous-chapitres, paragraphes, phrases, mots, lettres. Toutefois, ce système implique une certaine rigidité et difficulté dans le cas de modifications et d’ajouts de nouveaux éléments.

Schéma d’énumération hiérarchique en arborescence
Qu’est-ce que la classification analytique-synthétique (ou « facettée »)
Ce système de classification est plus élastique car il abandonne le système énumératif et hiérarchique au profit d’une méthodologie composée de schémas flexibles et ouverts avec un développement horizontal. Ces régimes sont plus facilement adaptables en cas de changements successif.
L’objet à cataloguer n’est plus décrit par une seule caractéristique prééminente qui le représente et détermine son emplacement à un endroit précis dans une hiérarchie de données ; l’objet est identifié et décrit simultanément par plusieurs caractéristiques non chevauchantes, appelées « facettes » (du terme anglais facets – aspect).
Tout cela constitue un système ouvert qui peut toujours être enrichi de nouvelles caractéristiques descriptives de l’objet.
L’objet décrit plus en détail est facilement identifiable par de multiples accès de recherche fournis par une seule caractéristique ou par l’agrégation de plusieurs caractéristiques.*

Exemple explicatif de la classification par facettes
Systèmes de classification de construction les plus répandus et leur application dans les modèles IFC
À une époque pré-numérique, les tentatives de codage des informations et des systèmes de classification des données dans l’industrie de la construction ont été différentes. Dans certains cas, ils ont davantage adhéré au modèle hiérarchique et numérique qu’au modèle « à facettes », ou ils ont inclus les deux.
Dans ce focus, nous analysons certains des systèmes de classification les plus connus, tels que :
- SfB (Samarbetskommitten for Byggnadsfragor)
- UniFormat;
- MasterFormat;
- Uniclass;
- Omniclass.
SfB (Samarbetskommittén för Byggnadsfrågor) : structure « en tableaux » et codes combinables
La première élaboration du plan de classifiction SfB (Samarbetskommitten for Byggnadsfragor) a été élaborée dans les années 1940 à la demande du comité suédois de coordination du bâtiment. Mis à jour et développé au cours des années suivantes, ce plan de classification et de codification pour le bâtiment a été exporté dans plusieurs pays européens.
Le mode opératoire du plan SfB peut être défini « à facette » : pratiquement chaque partie individuelle ou élément du projet peut être décomposé en 4 niveaux de lecture appelés « tableaux ».
| TABLE | CLASSIFICATION | CODE | |
| Table 0 (Environnement naturel et bâti) | Planification du territoire et types de bâtiments | Paire de nombres | |
| Table 1 (Éléments du bâtiment) | Parties du bâtiment | En fonction et dans l’ordre de leur réalisation | Paire de nombres entre parenthèse chiffre rond |
| Table 2 (Activités de construction) | Types de travaux | En ce qui concerne l’aspect physique des matériaux nécessaires à leurs activités | Lettres alphabétiques en majuscules |
| Table 3 (Ressources du bâtiment) | Types de matériaux | Par rapport à leur nature | Lettres alphabétique en minuscule + numéro de 1 à 9 |
| Table 4 (Activités et exigences) | Activité de construction et utilisation des ressources | Lettres alphabétiques en majuscules entre parenthèses |
Chacune des caractéristiques, appartenant à l’un des 4 tableaux, est marqué d’un code.
L’attribution d’un code à chaque caractéristique rend l’identification des sujets et des actions plus univoques, tandis que la possibilité d’associer les tableaux laisse la place à de nouvelles combinaisons pour la classification de données qui n’existent pas encore mais qui sont possibles..
Un exemple pratique de classification SfB
Supposons que nous ayons un code SfB comme ci-dessous :
52 (35) Rr1 (P)
À ce code correspondent les informations suivantes :
- 52 correspond à Bâtiment et de l’équipement pour le spectacle de la Table 0 ;
- (35) se réfère au Faux Plafonds de la Table 1 ;
- R indiquent des Plaques plates et des panneaux de la Table 2;
- r1 correspond à l’Argile, plâtre, magnésie et liants en plastique de la Table 3;
- (P) indique le Son et le silence de la Table 4.
Le code est composé de chiffres et de lettres, chacun d’entre eux indiquant un travail, un équipement, un matériel, un espace, etc.
La personne chargée du travail (dans ce cas, la création d’un faux plafond) recherchera les documents du projet qui, combinés au Table 1, indiquent le code (35) ; le technicien qui s’occupe de l’acoustique prendra en considération les documents de la Table 4 qui indiquent le code P, et ainsi de suite.
UniFormat : classification des éléments constructifs par groupes et sous-groupes (A10, A1010, etc.)
La classification UniFormat est née États-Unis en 1973 en tant qu’instrument de classification des éléments de construction et relatif aux travaux de mise en oeuvre. Ce système de classification est basé sur 2 éléments :
- la structure de la classification est numérotée de manière hiérarchique ;
- les objets classés ont été choisis sur la base du rapport entre l’incidence des coûts et la fréquence d’utilisation.
La classification UniFormat est basée sur trois niveaux principaux d’objets :
- level 1: il concentre les principaux groupes d’objets (fondations, enveloppes et cloisons) ;
- level 2: il décompose le premier niveau en sous-groupes ;
- level 3: il spécifie les objets contenus dans le deuxième niveau.
Ci-dessous, nous vous montrons le tableau avec quelques-unes des catégories du système de classification UniFormat.
| Level 1 Major Group Elements | Level 2 Group Elements | Level 3 Individual Elements |
| A – Substructure | A10 – Foundations | A1010 – Standard Foundations |
| A1020 – Special Foundations | ||
| A1030 – Stab on Grade | ||
| A20 – Basement construction | A2010 – Basement Excavation | |
| A2020 – Basement Walls | ||
| B – Shell (involucro) | B10 – Super Structure | B1010 – Floor Construction |
| B1020 – Roof Construction | ||
| B20 – Exterior Enclosure
| B2010 – Exterior Walls | |
| B2020 – Exterior Windows | ||
| B2030 – Exterior Doors | ||
| B30 – Roofing | B3010 – Roof Coverings | |
| B3020 – Roof Openings | ||
| C – Interiors | C10 – Interior Construction | C1010 – Partitions |
| Etc. |
Dans le tableau ci-dessus il est mis en évidence par différentes couleurs, la subdivision des éléments de la catégorie la plus ample à l’élément le plus détaillé, par exemple : la catégorie Substructure (la sous -structure) est marquée d’une lettre majuscule A et est spécifiée dans les deux sous-catégories des Foundations (fondations) et de la Basement construction (soubassement). La sous-catégorie des Fondations est marquée du code A10. Ce dernier comprend l’élément individuel Standard Fondations (fondations standard) marqué du code A1010.
Comme pour les autres systèmes de classification, chaque élément est associé à un code alphanumérique en fonction du niveau d’information spécifique.
À ce système de classification revient le mérite d’avoir favorisé l’efficacité analytique de l’aspect économique du processus de production.
Dans l’image ci-dessous, nous vous montrons comment classer une quelconque entité (par exemple un toit) d’un modèle IFC.
Vous pouvez essayer de classer les éléments de n’importe quel modèle 3D (IFC, DWG, SKP, etc.), en utilisant le logiciel gratuit usBIM.viewer+. Il suffit d’ouvrir n’importe quel fichier file, (ici vous pouvez télécharger un fichier d’exemple) et de sélectionner le bouton « Editer » dans la section « Classification » de la barre ruban multifonction.

Exemple de classification UniFormat avec usBIM.viewer+
MasterFormat : classification par divisions et sections (Division 03 – Béton, Division 05 – Métaux, etc.)
La classification MasterFormat a été publiée en 1963 et mis à jour en 1974 par les instituts de recherche nord-américains CSI (Construction Specification Institute) et CSC (Construction Specification Canada).
La classification MasterFormat est actuellement le système de classification le plus utilisé dans l’industrie de la construction aux États-Unis d’Amérique et au Canada. Ce système de classification a une structure hiérarchique mais s’en distingue par le fait que, bien qu’il soit divisé en groupes et sous-groupes, ceux-ci ne sont pas numérotés.
En revanche, les « divisions » associées aux sous-groupes sont numérotées.
Chaque division, à son tour, est divisée en « sections » marquées par un nombre à six chiffres qui peut être augmenté à tout moment sans avoir à changer l’ordre général de l’ensemble du système.
| Specifications Group | |
| General Requirements Subgroup | |
| Division 01 – General Requirements | |
| Facility Construction Subgroup | |
| Division 02 – Existing Conditions | |
| Division 03 – Concrete | |
| Division 04 – Masonry | |
| Division 05 – Metals | |
| Division 06 – Wood, Plastics and Composites | |
| Etc. | |
| Process Equipment Subgroup | |
| Division 40 – Process Integration | |
| Division 41 – Material Processing and Handling Equipment | |
| Division 42 – Process Heating, Cooling, and Drying Equipment | |
| Etc. |

UniClass 2015 et OmniClass : systèmes évolués basés sur un schéma facetté et interopérabilité avec IFC
Parmi les systèmes de classification les plus évolués et largement utilisés dans le domaine du BIM, UniClass 2015 et OmniClass représentent les modèles de référence pour la gestion structurée et interopérable des informations de construction.
Tous deux reposent sur un schéma facetté, qui permet de décrire un objet ou un concept à travers une combinaison de caractéristiques indépendantes (les « facettes »), offrant ainsi une flexibilité et une granularité d’analyse impossibles dans les systèmes purement hiérarchiques.
UniClass 2015, développé au Royaume-Uni et mis à jour jusqu’à la version actuelle, est un système dynamique basé sur 11 tableaux (Complexes, Entités, Activités, Espaces, Éléments, Systèmes, Produits, etc.) qui permettent de classifier de manière cohérente chaque niveau d’information, du projet global jusqu’aux composants constructifs individuels. Chaque élément est identifié par un code alphanumérique qui décrit son contexte, sa fonction et sa typologie, favorisant l’intégration des données au sein de modèles IFC et l’interopérabilité entre logiciels et disciplines. Grâce à sa structure modulaire et actualisable, UniClass 2015 est aujourd’hui la norme de référence pour la numérisation des processus de construction au Royaume-Uni et pour la gestion informative des modèles BIM.
OmniClass, en revanche, est le pendant nord-américain du système britannique. Dérivé de la norme ISO 12006-2, il se compose de 15 tableaux qui couvrent l’ensemble du cycle de vie d’une construction (de la conception à la gestion, jusqu’à la mise hors service) et classifie tout ce qui concerne une œuvre : entités, espaces, éléments, produits, matériaux, processus et rôles professionnels. La nature combinatoire des tableaux permet de créer des codes uniques et évolutifs, adaptables à tout niveau de détail.
Les deux systèmes s’intègrent parfaitement avec la norme IFC, qui permet d’associer à chaque entité du modèle un code de classification reconnu internationalement. Grâce aux éditeurs IFC, il est possible d’ajouter, de modifier et de lire les classifications UniClass ou OmniClass directement au sein du modèle IFC, garantissant un langage commun entre concepteurs, entreprises et gestionnaires.
Grâce à leur structure ouverte, interopérable et conforme aux normes internationales, UniClass 2015 et OmniClass représentent aujourd’hui les bases d’une approche réellement collaborative du BIM, favorisant la traçabilité, la standardisation des données et l’efficacité tout au long du cycle de vie de l’œuvre.
La norme ISO 12006-2 : cadre général des systèmes de classification BIM
Enfin, nous signalons la norme ISO 12006 qui nous permet de définir la mère de tous les systèmes de classification du bâtiment. La première version de la norme ISO 12006 a été rédigée par l’International Organization for Standardization et publiée alors que les systèmes internationaux pour la standardisation des systèmes de classification faisaient encore défaut. Révisée par la suite en fonction des progrès technologiques et du développement de différents systèmes de classification, l’ISO 12006-2 a pour but de créer des structures ou plutôt des tableaux permettant de classer les types, les éléments et les relations selon une spécialisation particulière.
Ces tableaux décrivent l’ensemble du processus de construction des bâtiments, de la phase préliminaire de conception, jusqu’à la construction et à la maintenance. Voici ci-dessous des exemples de certains de ces tableaux.
A.1 Construction entities (by form)
- Buildings
- Pavements/landscaping
- Tunnels (and other underground constructions)
- Embankments, retaining walls, dams
- Tanks, silos, etc.
- Bridges, viaducts, etc.
- Towers, masts, superstructures
- Pipes, ducts, cables
A.2 Construction entities (by function or user activity)
- Hospital buildings
- Health centre buildings
- Footbridges
- Airport terminal buildings
- School buildings
- Etc.
A.3 Construction complexs (by function or user activity)
Jusqu’à arriver aux éléments de détail.
A.7 Elements (by characteristic predominating function of the construction entity)
- Floors
- Roofs
- Columns
- Etc.
A.8 Designed elements (element bytype of work)
Aux relations et aux intervenants qui lient les processus constructifs.
A.10 Management processes (by type of process)
- Administrative management
- Financial management
- Marketing/sales management
- Etc.
A.15 Construction agents (by discipline)
- Clients
- Architects
- Civil engineers
- Etc.
La méthodologie de classification ISO 12006-2 est celle d’une structure hiérarchique qui va de l’information plus générale à l’information plus détaillée, mais elle se limite encore à fournir des principes de base, constituant un système de classification peu complet et opérationnel. La norme ISO 12006-2 n’est actuellement pas utilisée dans les standards BIM, sauf comme base.
Les recommendations de buildingSMART France
Et voyons plus précisemment la situation en France. Quelles sont les recommendations reportées dans le guide « Comment rédiger une convention BIM ? » publié par buildingSMAT France – Mediaconstruct ?
Il est clair que travailler de façon collaborative dans un processus BIM comporte la nécessité d’utiliser un langage commun des les phase initiales du projet. A la suite d’une étude de recensement international, voici quelques indications.
Ce système de référence doit être figé précisément à priori et pour tous pour une bonne démarche BIM. Toute modification du système de classification lui ferait perdre sa notion de standard de référence et comporterait des couts et des risques pour la gestion et la mise à jour du système d’informations. Et bien qu’il le soit déconseillé, il est serait possible de compléter un système de classification existant ou de se référer à des systèmes propriétaires ou spécifiques à un projet mais le cas échéant, il sera indispensable de documenter et partager ces conditions avec les intervenants du processus.
Il est aussi possible de retenir plusieurs standards de systèmes de classification afin de répondre à différents usages et dans ce cas il nécessaire qu’un tableau de correspondance soit défini entre les références retenues.
En général et en cas d’absence de classification imposée par la MOA, un des 3 systèmes de classification pourra etre utilisé: Uniclass2, Omniclass OCCS et Uniformat II 2015.
L’IfcClassificationReference: L’IFC et les systèmes de classification dans le bâtiment
Aussi le standard IFC utilise également des outils de classification des données pour communiquer des informations utiles dans le processus du bâtiment et qui ne sont pas exprimées dans un langage standard.
Il est évident que, dans de nombreux cas, il peut être nécessaire d’ajouter des informations au modèle, en mettant en implémentant les données déjà présentes exprimées par les standards.
Cette opération implique l’utilisation d’un langage non codé par le standard IFC. Dans ces cas, le vocabulaire à adopter doit donc être convenu et porté à la connaissance de toutes les parties intéressées (pendant la conception, l’exécution, la maintenance et le démantèlement de l’ouvrage)..
La classe IfcClassificationReference est une forme de classification « légère », grâce à laquelle il est possible de diviser le bâtiment en parties (définies en fonction du type de classification choisi).
L’objectif de la classification peut être de nature diverse, par exemple il peut être utile d’améliorer la lecture du modèle, en ajoutant des détails aux entités, avec la possibilité de pouvoir les sélectionner de manière différenciée : en attribuant une classification différente aux fenêtres à un seul battant et aux fenêtres à deux battants, nous pouvons les sélectionner de manière différenciée et avoir un cadre plus détaillé des informations relatives aux objets « fenêtre ».
L’IFC et les systèmes de classification dans le bâtiment : comment faire de façon opérationnelle
Comment créer de nouvelles classifications dans un modèle IFC ? Y a-t-il un moyen facile pour le faire ?
Ci-dessous nous vous montrons comment faire à l’aide d’un exemple pratique . Suivez ces étapes :
- télécharger et installer gratuitement usBIM.viewer+
- cliquer sur Fichier>Ouvrir et sélectionner le fichier IFC à importer
- pour modifier le modèle cliquer sur Modifier IFC>Modifier
- sélectionner (manuellement ou en vous aidant avec les groupes de sélection) les objets auxquels ajouter une classification
- depuis le ruban multifonction, dans la section Classification, cliquer sur Modifier
- depuis la boîte de dialogue qui s’ouvre, sélectionner le type de classification (Masterformat, Omniclass, Uniclass, etc.) et les sous-catégories associées
- terminer l’opération cliquer sur Confirmer.

Après avoir sélectionné l’entité intéressée, vous pouvez lire les informations que vous venez d’attribuer dans la boîte à outils Propriétés de droite :
IfcClassificationReferenceexprime le code qui correspond au type d’information que nous avons ajoutéIfcClassificationexprime le type de classification adoptée.
N’oubliez pas qu’il ne s’agit pas d’un standard, il est toujours nécessaire de convenir à l’avance entre les différents intervenants du type de classification à adopter, afin de rendre univoque l’échange d’informations.
Vérifier et lire les classifications IFC attribuées
Si vous recevez un fichier IFC (généré par un logiciel quelconque) contenant des systèmes de classifications d’objets, vous pouvez vérifier ces informations de façon suivante :
- ouvrir le fichier avec usBIM.viewer+
- sélectionner une entité
- dans la boîte à outils des propriétés lire les valeurs suivantes :
IfcClassificationReference, contenant le codeIfcClassificationcontenant le système de classification.

Dans l’image ci-dessus, vous pouvez voir comment la fenêtre sélectionnée a été classée avec le code Ss_25_30_95_26 qui fait référence au système UniClass 2015.
Télécharger des fichiers d’exemple et des logiciels
Fichier d’exmple IFC de sytèmes de classifications
Lisez l’approfondissement : « normes openBIM »
FAQ sur la classification IFC
Qu’est-ce qu’une classification dans le BIM et pourquoi est-elle fondamentale dans les modèles IFC ?
Le terme classification fait référence à toutes les activités ou processus nécessaires à la gestion des connaissances, qui ordonnent les données en catalogations appropriées (classes, sections, catégories ou espèces) reliées entre elles par des relations et des liens. Un système de classification valide doit être stable et flexible, afin de pouvoir être appliqué dans n’importe quel contexte et être élargi avec de nouvelles parties. Dans le BIM, la classification est fondamentale dans les modèles IFC car elle permet d’organiser les informations de manière unique, améliorant la communication entre les différents acteurs du processus de construction et l’interopérabilité entre logiciels.
Quels sont les principaux modèles de classification utilisés dans le BIM ?
En général, les objets peuvent être regroupés selon deux modèles organisationnels principaux : la classification hiérarchique-énumérative et la classification analytique-synthétique (ou à facettes). Le premier modèle utilise une structure rigide et unidimensionnelle, avec des éléments classés sous une seule catégorie de manière hiérarchique. Le second modèle, en revanche, est plus flexible et décrit chaque objet à travers plusieurs caractéristiques indépendantes (« facettes »), rendant le système plus adaptable et ouvert.
Comment fonctionne la classification hiérarchique-énumérative ?
La classification hiérarchique-énumérative est un système traditionnel basé sur une structure hiérarchique rigide, dans laquelle chaque élément appartient à une seule catégorie. Les catégories sont liées par des relations de sous-ensembles, comme dans un arbre généalogique ou dans la division d’un livre en chapitres et paragraphes. Chaque élément a une position unique dans la hiérarchie et peut être retracé à travers un chemin du général au spécifique.
Qu’est-ce que la classification analytique-synthétique ou à facettes ?
La classification analytique-synthétique, également appelée à facettes, est un système ouvert et flexible qui décrit un objet à travers plusieurs caractéristiques indépendantes (les « facettes »). Chaque facette représente un aspect de l’objet et peut être combinée avec d’autres pour obtenir des classifications plus détaillées. Cette approche permet de s’adapter facilement aux modifications et aux nouvelles catégories, améliorant la capacité de recherche et la gestion des informations.
Quels sont les principaux systèmes de classification de construction et comment s’appliquent-ils dans les modèles IFC ?
Les principaux systèmes de classification de construction sont SfB, UniFormat, MasterFormat, UniClass et OmniClass. Chacun d’eux repose sur des logiques différentes (hiérarchique-énumératives ou facettées) mais tous peuvent être appliqués aux modèles IFC pour structurer les données et faciliter la communication entre professionnels. Les codes de classification sont associés aux objets du modèle (murs, fenêtres, fondations, etc.), rendant plus claire leur fonction et permettant des interrogations et des analyses avancées.
Qu’est-ce que le système SfB (Samarbetskommittén för Byggnadsfrågor) ?
Le plan de classification SfB, né en Suède dans les années 1940, est l’un des premiers systèmes de classification pour le bâtiment. Basé sur une structure ‘à facettes’, il organise les éléments du projet en quatre tableaux principaux : environnement, éléments de construction, activités de construction et ressources. Chaque caractéristique est identifiée par un code qui facilite son identification et son association avec d’autres tableaux pour créer de nouvelles combinaisons de classification.
Comment fonctionne le système UniFormat ?
UniFormat est un système américain créé en 1973 qui classe les éléments constructifs et leurs travaux associés en groupes et sous-groupes. Il utilise une structure hiérarchique et numérotée répartie en trois niveaux principaux (groupes, sous-groupes, éléments individuels) et des codes alphanumériques tels que A10, A1010, etc. Il est particulièrement utile pour l’estimation des coûts et l’organisation des informations dans les projets BIM.
Qu’est-ce que le système MasterFormat ?
MasterFormat est le système de classification le plus répandu en Amérique du Nord, développé par le CSI et le CSC. Il organise les informations en ‘divisions’ numérotées (ex. Division 03 – Concrete, Division 05 – Metals) et en ‘sections’ à six chiffres. Il est conçu pour faciliter la gestion et la standardisation des spécifications techniques et peut être intégré aux modèles IFC pour améliorer la communication entre les concepteurs et les entreprises.
Quelle est la différence entre UniClass 2015 et OmniClass ?
UniClass 2015, développé au Royaume-Uni, et OmniClass, répandu en Amérique du Nord, sont des systèmes basés sur un schéma à facettes qui permet de classifier les informations selon plusieurs caractéristiques indépendantes. UniClass 2015 se compose de 11 tableaux (Complexes, Entities, Activities, Spaces, Elements, Systems, Products, etc.), tandis qu’OmniClass comprend 15 tableaux couvrant l’ensemble du cycle de vie de l’ouvrage. Les deux sont interopérables avec la norme IFC et représentent un langage commun entre concepteurs, entreprises et gestionnaires.
Quel est le rôle de la norme ISO 12006-2 dans les systèmes de classification BIM ?
La norme ISO 12006-2 constitue le cadre de référence international pour les systèmes de classification dans le bâtiment. Elle fournit les bases conceptuelles et les tableaux pour classifier les entités, éléments et processus constructifs selon une structure hiérarchique. Bien qu’elle ne soit pas directement utilisée comme standard opérationnel dans les modèles BIM, elle représente la ‘mère’ des systèmes de classification modernes tels que UniClass et OmniClass, garantissant cohérence et compatibilité internationale.
Comment fonctionne la classification dans les standards IFC ?
Dans les standards IFC, la classification est gérée via les entités IfcClassification et IfcClassificationReference, qui permettent d’ajouter des informations supplémentaires aux entités du modèle. Ces classes permettent de décomposer le bâtiment en parties selon le système de classification choisi, améliorant la lisibilité et la sélection des objets. Par exemple, il est possible de distinguer les fenêtres à un battant de celles à deux battants pour analyser les données plus en détail.
Comment créer et modifier des classifications dans un modèle IFC ?
Pour créer ou modifier des classifications dans un modèle IFC, il est possible d’utiliser des outils comme usBIM.viewer+. Après avoir ouvert le fichier IFC, il suffit de sélectionner ‘Edita IFC > Edit’, choisir les objets à classifier et, dans la section ‘Classifications’, cliquer sur ‘Edita’. Il faut ensuite sélectionner le système de classification (par exemple MasterFormat, UniClass, OmniClass) et confirmer. Les informations attribuées seront ensuite visibles dans la boîte à outils des propriétés comme IfcClassificationReference et IfcClassification.
Comment vérifier et lire les classifications attribuées à un fichier IFC ?
Pour vérifier les classifications d’un fichier IFC, il suffit de l’ouvrir avec un visualiseur IFC comme usBIM.viewer+, de sélectionner une entité et de consulter dans la boîte à outils des propriétés les champs IfcClassificationReference (code attribué) et IfcClassification (type de classification adopté). Cela permet de contrôler la cohérence des données et de faciliter l’échange d’informations entre les différents acteurs du projet.


