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Neutralité carbone : définition et approches pour l’atteindre

Les objectifs de l’Accord de Paris prévoient la neutralité carbone. Que signifie-t-elle et que faut-il faire pour y parvenir

Au cours des dernières décennies, le changement climatique est devenu une priorité majeure de l’agenda politique des gouvernements et des institutions internationales. Les émissions croissantes de gaz à effet de serre contribuent à l’augmentation des températures mondiales, avec des conséquences dévastatrices sur l’environnement, la biodiversité et le bien-être humain.

Lors de l’étude et de la mise en œuvre des stratégies de lutte contre le changement climatique, les concepts de neutralité carbone et de neutralité climatique sont essentiels.

La neutralité carbone fait référence à l’équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption des émissions par les puits de carbone naturels. Selon l’explication officielle du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la neutralité carbone est atteinte lorsque les émissions anthropogéniques de gaz à effet de serre sont compensées par une quantité équivalente d’émissions évitées, réduites ou séquestrées sur une période donnée.

Cela se fait par l’utilisation de sources d’énergie renouvelable et la mise en œuvre de stratégies d’absorption du carbone, telles que la reforestation et la capture et stockage du carbone.

Le secteur de la construction et du bâtiment en général joue un rôle essentiel dans ce processus. Les constructeurs et les concepteurs devront prêter une attention accrue à l’efficacité énergétique, à la transition des systèmes de climatisation vers des sources d’énergie renouvelable. Évaluez gratuitement les logiciels les plus avancés de calcul des performances énergétiques des bâtiments et les logiciels de conceptions photovoltaïques.

Neutralité climatique : signification

L’expression neutralité carbone se réfère uniquement aux émissions de dioxyde de carbone et représente un état d’équilibre entre le CO2 émis dans l’atmosphère et le CO2 éliminé. Pour mieux comprendre sa signification, une explication technique spécifique est nécessaire pour atteindre un équilibre entre les émissions et l’absorption de carbone.

Lorsqu’on retire le dioxyde de carbone de l’atmosphère, on parle de séquestration ou d’immobilisation du carbone ; pour ce faire, les émissions de gaz à effet de serre (GES) doivent être compensées par l’absorption des émissions de carbone. Entrent en jeu les puits d’absorption des systèmes conçus pour absorber des quantités de carbone supérieures à celles émises.

Les principaux puits d’absorption naturels sont représentés par le sol, les forêts et les océans. Selon les estimations, les puits naturels captent entre 9,5 et 11 Gt de CO2 par an. Cependant, aucun puits d’absorption artificiel n’est aujourd’hui capable de retirer la quantité adéquate de carbone de l’atmosphère pour lutter contre le réchauffement global.

De plus, le carbone stocké dans les puits naturels est libéré dans l’atmosphère par le biais d’incendies, de changements d’utilisation des terres ou de déboisements. Pour atteindre la neutralité carbone, il est donc essentiel de réduire les émissions de carbone.

L’Union européenne vise à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 et à être neutre en carbone, c’est-à-dire à annuler ses émissions de CO2. Cet objectif s’inscrit dans la stratégie définie par le Pacte Vert Européen, en accord avec l’Accord de Paris et l’engagement de l’UE dans la lutte contre le changement climatique et le processus de décarbonation.

Comment atteindre la neutralité carbone

Pour parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050, les industries peuvent adopter différentes solutions, notamment : 

  • l’utilisation d’énergies renouvelables : le solaire, l’éolien ou l’hydraulique permettent de produire de l’énergie sans émissions de gaz à effet de serre. Les entreprises peuvent investir dans des équipements de génération d’énergie renouvelable ou acheter de l’électricité verte auprès de fournisseurs d’énergie renouvelable ;
  • la mise en œuvre de systèmes de capture et de stockage du carbone : cela permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre des industries lourdes (industries chimiques, sidérurgiques ou cimentières). Cette solution vise à capturer le CO2 émis pendant la production, pour le stocker ensuite dans des réservoirs souterrains ou l’utiliser pour produire de l’énergie ;
  • promouvoir l’économie circulaire : réduire les déchets et réutiliser les ressources autant que possible (recyclage des matériaux, réduction de la production de déchets, etc.) ;
  • optimisation des chaînes d’approvisionnement : les entreprises peuvent collaborer avec leurs fournisseurs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre associées à la production de matières premières. Cela pourrait impliquer une utilisation accrue de matières premières durables, des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ou une réduction des émissions liées au transport des matières premières ;
  • la mise en œuvre de pratiques de travail plus durables : réduction des déplacements professionnels, télétravail ou utilisation de technologies de communication à distance. Ces pratiques contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements d’affaires.

La transition vers la neutralité carbone ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais nécessite un engagement fort et durable de la part des industries.

Pourquoi est-il nécessaire de compenser les émissions de dioxyde de carbone et de gaz à effet de serre ?

La nécessité de compenser les émissions de dioxyde de carbone et de gaz à effet de serre découle de plusieurs motivations fondamentales.

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère et a joué un rôle crucial dans la création et le maintien des conditions favorables à la vie sur Terre. Sa capacité à retenir la chaleur atmosphérique a été essentielle pour réguler la température de la planète, permettant ainsi le développement de la vie telle que nous la connaissons.

Cependant, au cours des 50 dernières années, l’accumulation excessive de CO2, principalement due aux activités humaines, a contribué à une augmentation significative de la température moyenne mondiale, dépassant 2°C. Cette élévation a entraîné et continue de causer une série de conséquences dévastatrices, telles que la fonte des glaciers, des événements météorologiques extrêmes comme les inondations et les typhons, des périodes de sécheresse prolongée et la perte de biodiversité.

Il est donc essentiel de réduire les émissions de dioxyde de carbone pour lutter efficacement contre le changement climatique et atteindre les objectifs fixés par l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris sur le climat. Ce n’est qu’à travers de tels efforts qu’il sera possible d’éviter des dommages irréversibles à la santé de notre planète et de ses créatures.

Neutralité carbone et zéro émission nette : différences

La neutralité carbone et les émissions nettes zéro sont tous deux utilisés pour indiquer des objectifs importants à atteindre pour faire face au changement climatique. Étant très similaires, leur signification est souvent confondue et sont utilisés de manière incorrecte comme des synonymes : 

  • neutralité carbone : comme nous l’avons vu, un processus ou une entreprise est considéré comme neutre en carbone lorsqu’il atteint un équilibre entre les émissions de CO2 libérées dans l’atmosphère et celles retirées ou absorbées ; seules les émissions d’origine anthropique prises en compte sont celles de CO2 et il n’y a aucune référence aux émissions de gaz à effet de serre ;
  • zéro émission nette : indique l’annulation des émissions de gaz à effet de serre le long de toute la chaîne de production d’une filière, d’un État ou du monde entier. Aujourd’hui, elle est plus souvent utilisée pour indiquer l’engagement pris par les principaux pays du monde pour la décarbonation d’ici 2050.

Neutralité climatique : ce que ça signifie

Le concept de neutralité climatique est très similaire à celui de neutralité carbone, mais étendu à tous les gaz à effet de serre (pas seulement le dioxyde de carbone). Il vise en effet à équilibrer les émissions de tous les gaz à effet de serre causées par l’activité humaine avec leur élimination ou leur absorption de l’atmosphère.

Comment atteindre la neutralité climatique : Fit For 55

Pour parvenir à la neutralité climatique, des actions concrètes et impliquantes de la part des institutions sont indispensables. Une initiative majeure visant à promouvoir la transition vers une société à faibles émissions de carbone est le paquet Fit for 55. Fit for 55 est un ensemble de réformes présenté par la Commission européenne en 2021 et fait partie du Pacte Vert.

Il s’agit d’une série de propositions législatives visant à réduire de 55 % les émissions de carbone d’ici 2030 et à rendre l’Union européenne climatiquement neutre d’ici 2050. Il s’agit de mesures ambitieuses visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à promouvoir l’utilisation d’énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et la mobilité durable.

L’une des propositions clés du paquet concerne le renforcement du Système d’échange de quotas d’émission de l’UE (EU ETS). Ce système repose sur l’attribution et la négociation de quotas d’émission, que les entreprises doivent acheter si elles dépassent certains seuils d’émission. Le paquet prévoit une réduction progressive du nombre de quotas disponibles, accélérant ainsi le processus de réduction des émissions.

De plus, le paquet Fit for 55 introduit des mesures pour promouvoir l’énergie propre et l’efficacité énergétique, augmentant l’objectif d’énergies renouvelables à 40 % d’ici 2030 et introduisant de nouvelles normes d’efficacité énergétique pour les secteurs du bâtiment et des transports. Ces mesures incitent les entreprises à se tourner vers des sources d’énergie propre et des technologies vertes, favorisant une utilisation responsable des ressources énergétiques.

Le paquet met également l’accent sur la mobilité durable, dans le but de réduire les émissions dans le secteur des transports grâce à l’introduction de normes d’émission plus strictes pour les véhicules à moteur, à l’expansion des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et à l’amélioration du transport ferroviaire. Ces mesures favorisent un système de transport plus propre et réduisent l’impact environnemental de la mobilité.

Enfin, un autre aspect important concerne la stratégie d’adaptation au changement climatique qui propose des mesures pour renforcer la résilience des infrastructures, protéger les écosystèmes naturels et promouvoir une agriculture durable. Ces actions sont essentielles pour faire face aux impacts actuels et futurs du changement climatique, garantissant ainsi une société résiliente.

Neutralité carbone : avantages

Atteindre la neutralité carbone offre une série d’avantages tant sur le plan environnemental que social : 

  • réduction de l’impact environnemental : la neutralité carbone permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, y compris le CO2, qui sont parmi les principales causes de l’effet de serre et du changement climatique. En réduisant les émissions, on contribue à abaisser les températures mondiales et à lutter contre le changement climatique, prévenant les événements météorologiques extrêmes ;
  • amélioration de la qualité de l’air : la réduction des émissions de gaz à effet de serre entraîne également une diminution des émissions de polluants atmosphériques connexes, y compris des substances nuisibles pour la santé humaine et pour l’environnement ;
  • stimulation de l’innovation et de la technologie durable : le chemin vers la neutralité carbone nécessite l’adoption de technologies durables. Cela implique le développement et la mise en œuvre de nouvelles solutions technologiques qui contribuent non seulement à atténuer l’impact environnemental, mais peuvent également générer des opportunités économiques et créer de nouveaux emplois dans le domaine des technologies propres et de l’innovation.
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