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Home » IFC et openBIM » Le format IFC et l’Open BIM, tout ce que vous devez savoir

Le format IFC et l’Open BIM, tout ce que vous devez savoir

Qu'est-ce que c'est, pourquoi est-ce important, comment ça marche, le rapport avec le BIM, les avantages et la liste de tous les logiciels certifiés : voici le guide complet du format IFC

Editorial Team / mars 19, 2025

L’une des principales exigences pour tous ceux qui travaillent avec un logiciel BIM (Building Information Modeling) est d’assurer un maximum de liberté pour le partage des données du modèle : tout cela se traduit par la possibilité de travailler dans un système qui soit effectivement ouvert.

Il faut savoir que les formats de fichiers propriétaires sont ceux qui ne peuvent être lus que par le même logiciel et par d’autres logiciels autorisés, et que lorsque les membres de l’équipe de projet utilisent des logiciels différents, l’utilisation de formats propriétaires peut empêcher l’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité d’un produit ou d’un système à interagir et à travailler avec d’autres produits ou systèmes, sans aucune restriction à l’accès et aux modifications.

Au contraire, les formats de fichiers ouverts peuvent être lus et modifiés par n’importe qui. Pour répondre à ces besoins, le format IFC (Industry Foundation Classes) a été créé, un format de fichier ouvert particulier qui permet l’échange d’un modèle d’information, sans perte ni distorsion de données et/ou d’informations.

Logo original du format IFC (Industry Foundation Classes) se sont des losange de couleurs différentes qui s'intersecte.

Logo IFC (Industry Foundation Classes)

Table des matières

  • BIM et format IFC
  • L’histoire de l’IFC
  • Les caractéristiques du format IFC
  • Comment fonctionne l’IFC
  • Comment visualiser un modèle IFC
  • Exemples pratiques d’utilisation du format IFC dans le BIM
  • Les avantages de l’IFC dans les flux de travail BIM
  • openBIM et format IFC : une combinaison parfaite
  • Certification IFC et garantie de conformité des logiciels : pourquoi c’est important
  • Le futur du format IFC : tendances et progrès

BIM et format IFC

Pour répondre pleinement à la question « qu’est-ce que IFC », il est nécessaire de prendre un peu de recul en expliquant le concept du BIM.

BIM est l’acronyme de « Building Information Modeling », c’est-à-dire le modèle d’information pour le bâtiment. Il a été défini par la NIBS (National Institutes of Building Science) comme la « représentation numérique des caractéristiques physiques et fonctionnelles d’un objet ».

La BIM est une méthodologie opérationnelle et non un outil. Il doit être identifié comme un processus de numérisation d’une construction, qui utilise un modèle d’information numérique contenant toutes les informations relatives à son cycle de vie complet : la conception, la construction, la gestion, la maintenance, le démantèlement.

Parmi les caractéristiques substantielles de la méthodologie BIM, figure la facilité de coopération entre les intervenants pendant les phases du cycle de vie d’un bâtiment, pour insérer, extraire, mettre à jour ou modifier les informations du modèle, comme par exemple : 

  • le concepteur architectural définit les fonctions, les formes, les géométries jusqu’à générer le modélisation 3D (ou gère la conversion de 3D en IFC)
  • le concepteur de la structure spécifie et calcule les éléments structurels
  • le responsable de la sécurité analyse et prévoit les points critiques probables pendant les phases opératives
  • le responsable chargé de l’entretien décrit et approfondit les aspects techniques de la construction à surveiller pendant sa durée de vie
  • etc.

Tout cela nécessite un format standard qui permette l’interopérabilité et l’échange de données de manière sûre, sans erreurs et/ou perte d’informations : c’est le but du format IFC.

Pour résumer les définitions précédentes, l’IFC est un format ouvert, élu comme standard international, nécessaire à l’échange de modèles et de contenu d’information. Il est destiné à l’échange d’informations au sein d’une équipe de projet et entre différents logiciels, pendant le développement des phases de conception, de construction, d’exploitation et de maintenance.

Interopérabilité dans un système fermé et ouvert

Interopérabilité dans un système fermé et dans un système ouvert

L’histoire de l’IFC

En 1994, un consortium industriel a investi dans le développement d’un code source informatique orienté aux objets (ensemble de classes en langage C++) capable de soutenir le développement d’applications intégrées.

Douze entreprises américaines ont rejoint le consortium appelé « Industry Alliance for Interoperability ». En septembre 1995, le consortium a ouvert ses portes à toutes les parties intéressées et, en 1997, il a changé de nom pour devenir “International Alliance for Interoperability”.

La nouvelle alliance a été reconstituée en tant qu’organisation à but non-lucratif, dans le but de développer et de promouvoir l’Industry Foundation Classes (IFC) en tant que modèle de données neutre, contenant des informations relative sur l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment et de ses installations. Depuis 2005, l’alliance mène ses activités par le biais de buildingSMART.

Le buildingSMART est actuellement une organisation dont les objectifs incluent l’amélioration de l’échange d’informations entre les applications logicielles utilisées dans le secteur de la construction, et le développement d’un standard international au niveau  d’outils et de formation pour soutenir l’utilisation étendue du BIM.

Logo de l'organisation buildingSMART International pour le format IFC

Logo de l’organisation buildingSMART International

Les caractéristiques du format IFC

Comme déjà mentionné, l’IFC est un format de fichier ouvert et neutre, conçu par buildingSMART International pour soutenir l’interopérabilité entre les applications individuelles fonctionnant dans le secteur de la construction et enregistré comme standard international officiel ISO 16739:2013.

L’IFC, créé à l’origine comme un format de fichier d’échange ouvert et interopérable, est capable de répondre à divers besoins. En quelques mots, l’IFC n’est pas un simple format d’échange, mais un schéma, c’est-à-dire une structure ou une spécification de données : le schéma IFC peut être considéré comme un « système de stockage » pour organiser et transporter des données numériques.
Voyons, en détail, les spécificités de ce schéma.

Fichier d’échange

Il est possible de considérer l’IFC comme un fichier d’échange car il permet de transférer des géométries et des informations en maintenant inaltérée la structure de l’ensemble et des différentes parties : les objets auront une position précise dans l’espace et seront distingués entre eux par catégories, caractéristiques et fonctions.

Le modèle de données

Par modèle de données, nous entendons la structure théorique associée au modèle qui permet sa gestion, c’est-à-dire la capacité de le décomposer et de l’assembler de différentes manières, en fonction d’une utilisation spécifique.

Les critères de base pour la structure du modèle de données sont les suivants : 

  • avec le filtre de données nous pouvons choisir les composants à échanger, puisque pour un objectif précis, seules les informations et les géométries essentielles devront être incorporées
  • par le biais des propriétés, nous indiquons quelles informations circuleront dans les objets du modèle et dans quelle relation seront organisées entre eux
  • avec les attributs sont identifié les caractéristiques que les objets de la scène devraient avoir.

L’élément d’archives

Les données doivent être utilisables par plusieurs opérateurs et sur une période assez longue. C’est pourquoi le format IFC, en tant que format ouvert, est accessible à tous, quel que soit le logiciel adopté et sa version, que se soient aujourd’hui ou dans des décennies. L’archivage du dossier IFC, en plus de sa conservation, doit garantir une consultation aisée. Par conséquent, les données du modèle doivent être structurées et les mêmes modèles seront identifiés en fonction de leur utilisation et de leur fonction.

Le schéma des données

L’IFC est un schéma de données qui attribue un nom et des relations entre les objets qui serviront, en plus d’optimiser le système de stockage lui-même, à rendre les objets lisibles par différents logiciels.

En résumé, nous pouvons dire que : 

  • Les modèles IFC comprennent des entités géométriques et non-géométriques
  • Les modèles de l’IFC contiennent la géométrie du bâtiment et les données associées à ses éléments
  • en exportant les données d’une conception réalisée avec la méthodologie BIM à l’aide d’un fichier IFC, les données sont transférées d’une application à l’autre
  • le format IFC est ouvert, modifiable et bien documenté. En fournissant une interface IFC pour l’exportation et l’importation, conforme au standard IFC, les éditeurs de logiciels sont en mesure de garantir l’interopérabilité avec des centaines d’autres outils et applications BIM.

Comment fonctionne l’IFC

Le format IFC est un modèle de données standardisé qui décrit : 

  • l’identité et la sémantique : objet, nom, fonction
  • les caractéristiques : des matériaux, des couleurs, des propriétés
  • la relation entre : 
    • les objets (par exemple les murs, les planchers, les fenêtres)
    • des concepts abstraits (par exemple, performance, calculer de coûts)
    • les processus (par exemple, l’installation, le montage)
    • les personnes (par exemple les propriétaires, les concepteurs, les entrepreneurs, les managers).

Le schéma IFC est capable de définir des éléments de bâtiments, des bâtiments préfabriqués, des systèmes mécaniques/électriques, et même les modèles les plus abstraits pour l’analyse structurelle, l’analyse de performance énergétique, la répartition des coûts, la planification des travaux et bien plus encore. Le schéma IFC définit les classes d’objets et les relations entre eux.

Pour passer à l’examen technique, on peut dire que les classes sont conçues pour décrire les composants d’un bâtiment – installations, espaces, zones, mobilier, éléments structurels – y compris les propriétés spécifiques de chaque objet individuel, telles que : position, forme, caractéristiques physiques et mécaniques, connexions avec d’autres objets, performance énergétique, sécurité, coût, exigences de maintenance.

Pour mieux comprendre, nous utilisons un exemple pratique : 

  • la fenêtre est une classe qui peut être divisée en plusieurs types de fenêtres
  • la fenêtre appartient au domaine du bâtiment
  • la définition du type reconnaît dans le projet et dans d’autres projets, la fenêtre, son ensemble de propriétés et ses attributs généraux
  • à chaque type peut correspondre une instance qui représente l’entité modélisée et physiquement présente dans le bâtiment
  • aux instances nous pouvons associer des attributs et des propriétés .

L’IFC définit également les relations entre les éléments de construction et donc : 

  • les relations décrivent comment les éléments de construction font partie des bâtiments
  • les relations qui regroupent la configuration spatiale, par exemple la façon dont le site est composé de bâtiments, d’étages, d’espaces et la façon dont les espaces sont regroupés en zones fonctionnelles
  • d’autres relations reliant la position des éléments dans les systèmes, utiles pour la gestion et la maintenance.

Le schéma IFC lui-même peut être exprimé dans différents formats de fichiers, le plus souvent en STEP comme IFC-SPF mais aussi en XML ou en fichier ZIP.

  • IFC-SPF est un format de texte dans le langage de modélisation des données EXPRESS. Il a des dimensions compactes et il est le format IFC le plus utilisé.
  • IFC-XML est un format dans le langage de balisage extensible, XML. Bien que le XML soit un langage de programmation plus courant, l’IFC-XML a une taille de fichier plus importante que l’IFC-SPF et il est moins utilisé.
  • IFC-ZIP est un format ZIP compressé du fichier IFC-SPF. Un fichier .ifcZIP généralement compresse un .ifc de 60-80 % et un .ifcXML de 90-95 %.

La spécification de l’IFC a connu de multiples cycles de développement et d’évolution depuis sa création en 1995. Il y a eu plus d’une douzaine d’itérations de l’IFC1 à la version actuelle de l’IFC4 (y compris les versions ifcXML et IFCzip). L’IFC4 a été officiellement publié en mars 2013. Cependant, il a fallu quelques années avant que cette version actuelle ne soit mise en œuvre dans les logiciels du secteur.

Depuis 2018, buildingSMART est engagé dans la certification de logiciels pour la mise en œuvre de l’IFC4, le test et la certification des capacités d’importation et d’exportation.

Un petit approfondissement doit être fait sur le nouveau IFC5 qui représente la prochaine génération de la norme Industry Foundation Classes (IFC), visant à simplifier et améliorer l’échange de données dans le secteur AEC. Le nouveau standard dépasse les limites des versions précédentes de l’IFC et ouvre de nouvelles possibilités pour la collaboration, l’automatisation et l’intégration avec des technologies émergentes telles que Universal Scene Description (USD).

Pendant la phase de TEST, ACCA software propose une visionneuse IFC5 gratuite, permettant aux professionnels de faire l’expérience de première main du futur de l’interopérabilité dans le secteur de la construction. Avec usBIM.ifc5, ACCA contribue à la validation et à l’implémentation du standard IFC5 et offre également un outil puissant pour les professionnels et les organisations qui souhaitent rester à la pointe de l’adoption des technologies openBIM.

Essayez gratuitement usBIM.IFC5
L'image représente le niveaux de maturité du format IFC 2x3 qui se trouve dans une phase d'apprentissage

Niveaux de maturité de l’IFC

Comment visualiser un modèle IFC

Pour visualiser un modèle IFC, il est nécessaire de posséder une visionneuse (viewer) de fichiers IFC. Maintenant, nous vous montrons comment le faire avec usBIM.browser, l’application gratuite du système intégré usBIM.

Pour commencer, il suffit de accéder à la page de usBIM et d’entrer les identifiants de votre compte ACCA.

Si vous n’avez pas encore de compte ACCA : 

  • allez sur la page MyACCA;
  • effectuez l’inscription en entrant toutes tes informations;
  • entrez votre email et le mot de passe.

Pour ouvrir, visualiser et gérer un fichier IFC en utilisant usBIM.browser : 

  • chargez avec un simple glisser-déposer le fichier IFC dans un dossier du cloud de usBIM;
  • cliquez sur l’icône de l’écran pour ouvrir le fichier;
  • profitez des commandes disponibles pour naviguer dans le modèle 3D et visualiser les entités et les propriétés.

Vous n’avez pas de modèle à portée de main, mais vous êtes curieux d’essayer les fonctions de navigation en ligne de usBIM ? Essayez dès maintenant les fonctionnalités de visualisation et de navigation de usBIM avec un de nos modèles ! 

Ouvrez un fichier IFC d’exemple avec usBIM 

Découvrez comment ouvrir un fichier IFC en ligne avec usBIM

Exemples pratiques d’utilisation du format IFC dans le BIM

Nous avons dit qu’au sein du processus openBIM, le principal format d’échange est justement l’IFC, en tant que format ouvert non propriétaire. L’utilisation qui est faite du fichier exporté au format IFC influencera beaucoup les modalités d’exportation.

Il est donc toujours opportun de garder à l’esprit, lorsque l’on exporte un modèle tridimensionnel dans un fichier BIM (.IFC), pour quel type de logiciel cela doit être exporté et quel résultat l’on souhaite obtenir.

Rappelons ensuite que le fichier IFC est structuré selon un schéma bien précis basé sur la spécialisation des classes. Cela signifie que chaque élément provient d’une classe générique dotée de certaines propriétés, qui se divise ensuite en sous-classes spécifiques dotées de propriétés supplémentaires.

Après ces spécifications importantes sur le format IFC et son utilisation pratique, voyons ensemble comment il se prête à certaines des étapes de conception les plus marquantes.

Coordination des modèles architecturaux et structurels

Par coordination ou fédération du modèle architectural/MEP avec celui structurel, on entend le contrôle croisé virtuel des modèles 3D relatifs aux différentes disciplines pendant les phases de conception, de pré construction et de construction d’un projet.

Ce contrôle tridimensionnel croisé permet de réduire au minimum le risque d’interférences et d’accélérer le processus de conception, réduisant ainsi la nécessité d’apporter des modifications et économisant ainsi du temps et de l’argent.

Validation de la détection de conflits

Dans la conception AEC, le point de départ est le modèle architectural qui sera ensuite associé, comme nous l’avons dit dans le paragraphe précédent, aux modèles des autres disciplines (structurel, technique, énergétique, etc.), l’union générera ce que l’on appelle un «modèle fédéré». Tout cela est réalisable même entre des professionnels utilisant des logiciels différents, grâce au format IFC.

Les modèles des différentes disciplines sont donc exportés en IFC et unis entre eux, générant un modèle unique sur lequel il est possible d’effectuer la fameuse détection de conflits, c’est-à-dire l’identification des éventuelles interférences qui se produisent entre les éléments des différents modèles des différentes disciplines.

Grâce au format IFC et aux logiciels de détection de conflits, il sera possible d’extraire un rapport de détection de conflits, c’est-à-dire un document qui recueille les résultats de l’analyse des interférences.

Optimisation de la gestion des actifs avec les modèles IFC

La phase de gestion et maintenance d’un actif est fortement optimisée par l’utilisation d’un modèle unique du bien contenant les données de toutes les disciplines et obtenable, comme déjà mentionné, grâce au format IFC.

Dans le but d’utiliser le modèle à toutes les phases du cycle de vie du bien, jusqu’à celle de gestion et maintenance, toutes les données fonctionnelles utiles à la gestion physique de la réalisation sont insérées. Ce passage nécessite certainement un effort initial supplémentaire mais de poids limité par rapport à celui qui est nécessaire pour organiser les contenus lors de la phase de post construction.

La complétude des données insérées permet ainsi de fournir une valeur ajoutée à l’intervention de Facility Management non seulement en faveur de l’opérateur de secteur chargé mais surtout au Client, qui verra monétisé son investissement initial (charge supplémentaire résultant de l’insertion des données dans le modèle) en termes de : 

  • coûts d’exploitation réduits : planification des interventions ;
  • plus de sécurité dans la gestion du cycle de vie de l’ouvrage : détection précise de l’emplacement des composants défaillants même en situation d’urgence ;
  • transparence accrue dans les pratiques d’approvisionnement : détermination atomique des besoins, meilleure comparabilité des offres.

Exportation du fichier IFC pour la planification de la construction et l’estimation des coûts

L’utilisation du format IFC et de l’openBIM en général permet une estimation complète et efficace des coûts de construction d’un bien.

La gestion efficace des coûts influence à son tour toutes les phases d’un projet, y compris la planification, la conception, l’estimation, la phase de chantier de l’œuvre, les ordres de modification et, bien sûr, le produit fini. En se référant au détail de la structure du format IFC, la classe IfcObject peut inclure : 

  • objets physiquement tangibles, comme des murs, des poutres ou des couvertures ;
  • objets physiquement existants, comme des espaces ou des objets conceptuels, comme des grilles ou des frontières virtuelles ;
  • processus, comme des tâches de travail, des contrôles, comme des éléments de coût, des acteurs, comme des personnes impliquées dans le processus de conception, etc.

En entrant dans le détail, parmi les 6 concepts fondamentaux directement liés à l’IfcObject, nous trouvons l’IfcResource qui contient les informations nécessaires pour représenter les coûts, la planification et d’autres impacts résultant de l’utilisation d’un bien dans un processus. Par exemple, aux fins de l’estimation des coûts, les équipements de construction tels que les véhicules ou les outils de terrassement, qui ne sont actuellement pas modélisés dans l’IFC, peuvent être considérés comme IfcResource.

Les avantages de l’IFC dans les flux de travail BIM

Pour la méthodologie BIM, le format IFC se révèle être un outil essentiel, naissant justement comme un format de fichier ouvert et standardisé. Dans le flux de travail BIM, le format IFC sert de pont communicatif pour l’interopérabilité entre des modèles provenant de différents logiciels. Il est donc évident que cette nouvelle possibilité de communication, totalement indépendante de l’application utilisée lors de la phase de conception, apporte avec elle une série d’avantages, parmi lesquels : 

  • permet aux professionnels de partager et utiliser des informations de projet de manière fluide et sans perte de données ;
  • améliore la qualité du projet ;
  • réduit les délai d’échange d’informations et la collaboration des professionnels des différents secteurs (architectes, ingénieurs MEP, structures, etc.) ;
  • réduit les erreurs dues à une communication manquante ou tardive entre les professionnels ;
  • réduit les coûts dus à la détection tardive d’erreurs ou de chevauchements ;
  • réduit les retards dans les livraisons de projets.

openBIM et format IFC : une combinaison parfaite

Étant donné les caractéristiques intrinsèques de l’openBIM et du format IFC, il est immédiat de déduire comment l’ensemble des deux renforce les avantages de l’un et de l’autre dans la gestion de toutes les phases du cycle de vie d’un bien.

D’un côté, nous avons l’openBIM qui, en tant qu’approche de conception basée sur l’interopérabilité, promeut la transparence, la collaboration et la liberté de choix entre les logiciels.

D’autre part, les formats ouverts, comme l’IFC, sont fondamentaux dans ce contexte car ils permettent à tous les membres de l’équipe de projet de lire un fichier IFC et d’utiliser un fichier IFC indépendamment du logiciel propriétaire qu’ils utilisent. La génération d’un fichier au format IFC via logiciel BIM est immédiate, mais si vous souhaitez approfondir le sujet, lisez le guide complet sur «Comment créer un fichier IFC».

Ainsi, un flux de travail openBIM qui fonctionne grâce à des formats de fichiers comme l’IFC rend la collaboration plus efficace et la gestion des projets plus efficiente.

Certification IFC et garantie de conformité des logiciels : pourquoi c’est important

La certification des logiciels consiste en leur validation pour l’utilisation de standards et de solutions basées sur le format IFC. Ce processus de validation aide les éditeurs de logiciels à garantir que les échanges de données IFC sont cohérents et de qualité fiable.

buildingSMART International a deux services de certification logicielle, relatifs aux deux versions principales de ses standards, connues sous le nom de IFC2x3 (introduit en 2010) et IFC4 (introduit en 2016). Les certifications impliquent des exigences spécifiques pour chaque discipline, comme, par exemple, l’échange de données à des fins de conception architecturale. Il est donc fondamental pour un logiciel de garantir qu’il est capable de lire, écrire et échanger des informations avec d’autres programmes.

Les certifications logicielles actuellement disponibles sont : 

  • Certification IFC 2×3 Coordination View : le programme de certification logicielle le plus adopté est IFC2x3. Celui-ci est testé pour la Coordination View Certification 2.0 (CV 2.0) pour l’exportation et l’importation de fichiers IFC2x3. L’exportation de fichiers IFC2x3 vérifie les exigences d’échange relatives au modèle architectural, structurel et d’ingénierie des services de construction ;
  • Certification IFC4 Reference View : soutient le coordination des disciplines de conception architecturale, de l’analyse structurelle et des services de construction, en se concentrant particulièrement sur la vérification des conflits et la résolution de problèmes résultant d’erreurs dans la modélisation géométrique.

Il est possible de consulter la liste des logiciels certifiés par bSI en accédant à cette page.

ACCA software éditeur de logiciels avec le plus grand nombre de logiciels certifiés au monde : à ce jour, elle peut compter sur 19 certifications IFC concernant 16 logiciels : 

  1. CerTus-HSBIM (logiciel BIM de gestion de chantier) ;
  2. CerTus-IFC ;
  3. CerTus SCAFFOLDING  (logiciel plan échafaudages) ;
  4. Edificius import ;
  5. Edificius export ;
  6. Edificius-MEP import (logiciel Conception CVC, Plomberie et Electricité) ;
  7. Edificius MEP export ;
  8. EdiLus import (logiciel de Calcul de Structures BIM pour le Génie Civil) ;
  9. EdiLus export ;
  10. ManTus-IFC ;
  11. PriMus-IFC (logiciel BIM 5D) ;
  12. Solarius-PV (logiciel Photovoltaïque) ;
  13. TerMus ;
  14. usBIM.clash (logiciel de détection des conflits BIM) ;
  15. usBIM.code (IFC Checker et BIM Validation) ;
  16. usBIM.editor (éditeur IFC avancé) ,
  17. usBIM.gantt  (logiciel 4D BIM) ;
  18. usBIM.platform ; (logiciel CDE Environnement Commun de Données) ;
  19. usBIM.viewer+ (visionneuse IFC) ;

Rappelons qu’ACCA software est membre officiel de buildingSMART International depuis octobre 2018.

Le futur du format IFC : tendances et progrès

L’adoption du format IFC est en constante croissance, il est donc légitime de se demander ce que l’avenir nous réserve dans ce domaine et quelles autres possibilités rendront l’openBIM encore plus inclusif et vaste.

La constante croissance de l’implémentation de l’IFC influence évidemment les réglementations de construction qui sont donc constamment mises à jour. De nombreux pays intègrent la norme IFC dans leurs réglementations de construction pour accroître la transparence et promouvoir des pratiques plus durables.

Et si d’un côté nous avons des secteurs comme celui de la digitalisation où, surtout dans le développement des villes intelligentes et des jumeaux numériques, l’implémentation du format IFC facilite la standardisation et l’interopérabilité, de l’autre côté, nous trouvons encore de nombreux sujets ouverts comme celui de l’extension des nouveaux formats IFC à toutes les entités de projet.

Revenant au thème de la digitalisation des villes, nous savons que la demande sera, dans un avenir proche, de plus en plus croissante, c’est pourquoi l’objectif du bSI est de développer le champ d’application de l’interopérabilité des différents standards, en optimisant l’IFC afin de «pouvoir être utilisé dans un environnement transactionnel et multidisciplinaire»(Richard Kelly, Directeur Opérationnel de bSI).

Points clés de l’article sur le «format IFC et openBIM»

  • Le format IFC est une norme ouverte pour l’interopérabilité des données dans le BIM, développée par buildingSMART International et reconnue comme norme ISO 16739:2013.
  • Le format IFC est né dans les années 90 et a traversé plusieurs évolutions, de l’IFC2x3 à l’IFC4, avec l’introduction prochaine de l’IFC5, visant une plus grande intégration avec les technologies émergentes.
  • L’IFC n’est pas seulement un format de fichier, mais un schéma de données structuré qui permet la gestion de géométries, d’attributs, de propriétés et de relations entre les éléments constructifs.
  • Le format IFC permet le coordination interdisciplinaire dans les projets, améliorant la fédération des modèles, la détection de conflits, la gestion des coûts et des délais, ainsi que la gestion à long terme des bâtiments et des infrastructures, garantissant l’efficacité dans la maintenance.
  • buildingSMART International certifie les logiciels pour garantir la conformité aux normes IFC, favorisant une interopérabilité fiable entre différents outils.
  • L’évolution du format IFC, avec l’introduction de l’IFC5 et l’intégration avec les villes intelligentes et les jumeaux numériques, renforcera encore l’interopérabilité dans le secteur de la construction.

Questions clés sur l’IFC et Open BIM

Comment le format IFC garantit il l’interopérabilité entre différents logiciels BIM ?

Le format IFC garantit l’interopérabilité grâce à sa structure de données standardisée et ouverte, indépendante des logiciels propriétaires. Il décrit les géométries, les propriétés et les relations entre les éléments de manière unifiée, permettant l’échange d’informations sans perte de données entre différents logiciels BIM.

Quelle est la différence entre l’IFC et d’autres formats d’échange de données dans le BIM (COBie, gbXML, BCF, RVT, DWG) ?

Le format IFC est un format ouvert et standardisé pour l’échange de modèles BIM, tandis que d’autres formats servent des objectifs plus spécifiques ou sont propriétaires. Voici les principales différences : 

FormatObjectif principalType de formatPrincipales utilisations
IFC (Industry Foundation Classes)Échange de modèles BIM complets avec géométries, données et relations entre éléments.OuvertInteropérabilité entre logiciels BIM, coordination multidisciplinaire.
COBie (Construction-Operations Building Information Exchange)Transfert de données sur les informations de gestion (actifs, maintenance, annuaire des composants).OuvertGestion des installations, documentation numérique du bâtiment.
gbXML (Green Building XML)Échange de données pour l’analyse énergétique et environnementale des bâtiments.OuvertSimulations énergétiques, durabilité, efficacité énergétique.
BCF (BIM Collaboration Format)Communication et gestion des problèmes entre les équipes de projet.OuvertCoordination et détection de conflits entre logiciels BIM.
RVT (Revit)Format natif d’Autodesk Revit pour la modélisation BIM.PropriétaireConception BIM avec Revit, échange uniquement entre utilisateurs du même logiciel.
DWGDessins 2D et modèles 3D vectoriels pour CAD.PropriétaireDessins CAD, documentation de projet.

Qu’est-ce que les classes IFC et comment décrivent elles les éléments de construction ?

Les classes IFC sont des catégories qui définissent les éléments de construction (par exemple, IfcWall pour les murs, IfcDoor pour les portes). Chaque classe a des attributs spécifiques qui décrivent ses caractéristiques (matériau, position, dimensions) et ses relations avec d’autres éléments du modèle.

Quelles sont les principales problématiques qui peuvent survenir lors de l’utilisation de l’IFC et comment les résoudre ?

  • Perte de données ou informations manquantes : pour éviter ce problème, assurez-vous que l’exportation se fasse avec le bon Mapping des Propriétés.
  • Interprétation différente entre logiciels : faire confiance à des logiciels certifiés buildingSMART est la solution pour garantir la conformité à la norme.
  • Fichiers lourds et difficiles à gérer : pour remédier à ce problème, il est possible d’appliquer des filtres pour n’exporter que les données essentielles.

Comment le format IFC peut-il soutenir le développement des villes intelligentes ?

L’IFC facilite l’intégration entre bâtiments, infrastructures et systèmes urbains, améliorant la gestion des données dans le jumeau numérique de la ville. Il soutient la planification urbaine, la gestion énergétique et l’optimisation des ressources grâce à son interopérabilité avec les SIG et l’IoT.

Pour en savoir plus, lisez ausi : COBie: normalisation pour la gestion d’actifs en BIM

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