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Home » BIM et infrastructures » RBM (Maintenance Basée sur les Risques) : comment définir les priorités de maintenance des routes et des infrastructures

RBM (Maintenance Basée sur les Risques) : comment définir les priorités de maintenance des routes et des infrastructures

La maintenance basée sur les risques permet de planifier les interventions en fonction du risque. Découvrez comment l'appliquer aux routes et infrastructures

Editorial Team / juillet 27, 2026

Garantir la sécurité et l’efficacité des routes, ponts, viaducs et tunnels est l’un des principaux défis pour les gestionnaires, concessionnaires et administrations publiques. Le vieillissement des infrastructures et l’augmentation des volumes de trafic rendent toujours plus important de planifier les interventions de manière efficace et d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles.

Dans ce contexte, des données à jour et des outils numériques avancés sont essentiels pour soutenir les décisions de maintenance. Des solutions dédiées à la gestion des actifs d’infrastructure permettent de surveiller l’état des ouvrages, centraliser les informations et programmer les interventions sur la base de critères objectifs et mesurables.

Parmi les approches les plus efficaces pour la gestion des infrastructures, il y a la maintenance basée sur les risques (MBR), ou maintenance basée sur le risque. La maintenance basée sur les risques est une méthodologie qui attribue les priorités de maintenance en fonction du niveau de risque des actifs, calculé en combinant la probabilité de défaillance avec les conséquences potentielles sur l’infrastructure, sur les utilisateurs, sur la continuité du service et sur le territoire. De cette manière, les interventions sont planifiées là où le risque est le plus élevé, optimisant les ressources, la sécurité et la fiabilité des ouvrages.

Dans cet article, nous verrons ce qu’est la maintenance basée sur les risques, quels facteurs considérer dans l’analyse du risque routier, comment se développe un processus MBR, quelles technologies numériques peuvent soutenir son application et comment une étude de cas basée sur le BIM, le SIG, des relevés numériques et l’intelligence économique peut aider à identifier les priorités de maintenance le long d’un tronçon routier.

Table des matières

  • Qu’est-ce que la maintenance basée sur les risques (MBR) ?
  • Pourquoi appliquer la maintenance basée sur les risques aux infrastructures routières ?
  • Quels facteurs considérer dans l’analyse du risque routier ?
  • Comment fonctionne un processus de maintenance basée sur les risques pour les routes et autoroutes ?
  • BIM, SIG, IA et BI à support de la maintenance basée sur les risques
  • Étude de cas : analyse rapide du risque sur un tronçon routier avec BIM, SIG et Business Intelligence
  • De la RBM au jumeau numérique des infrastructures
  • Avantages et limites de la maintenance basée sur les risques
  • Comment mettre en place une stratégie de maintenance basée sur les risques pour les infrastructures routières ?
  • FAQ sur la maintenance basée sur les risques

Qu’est-ce que la maintenance basée sur les risques (MBR) ?

La maintenance basée sur les risques (MBR) est une méthodologie de gestion de la maintenance qui définit les priorités d’intervention sur la base du risque associé aux différents composants d’une infrastructure. Contrairement aux approches traditionnelles, qui planifient les activités en fonction du temps écoulé ou de l’apparition d’une défaillance, la MBR concentre l’attention sur les éléments qui présentent le plus grand potentiel d’impact sur la sécurité, la continuité du service et les coûts de gestion.

Le concept de risque découle généralement de la combinaison de deux facteurs principaux : 

  • probabilité qu’une défaillance ou une dégradation significative se produise ;
  • conséquences que cet événement pourrait générer sur les utilisateurs, sur l’infrastructure et sur le territoire.

L’objectif n’est pas d’éliminer complètement le risque, mais de le gérer de manière consciente, en dirigeant les ressources économiques et opérationnelles vers les interventions qui produisent le plus grand bénéfice en termes de réduction des problématiques.

La maintenance basée sur les risques s’intègre avec des stratégies modernes de gestion des actifs d’infrastructure car elle permet de transformer des données techniques, des inspections, des indicateurs de performance et des informations territoriales en priorités opérationnelles de maintenance.

Dans le cas des infrastructures routières, la MBR permet d’évaluer simultanément de nombreux aspects, tels que l’état de la chaussée, l’état des ouvrages d’art, les volumes de trafic, l’exposition à des phénomènes naturels et l’importance stratégique des liaisons. Le résultat est une planification de maintenance plus efficace, capable de soutenir des décisions basées sur des données objectives et des critères mesurables.

Différence entre maintenance réactive, préventive, prédictive et basée sur les risques

Dans la gestion de la maintenance, il existe différentes approches, qui se distinguent par le moment où l’on intervient et par le type d’informations utilisées : 

  • la maintenance réactive représente l’approche la plus simple et traditionnelle. Les interventions sont effectuées uniquement après la survenue d’une défaillance ou d’un dysfonctionnement. Bien que cette stratégie nécessite une planification minimale, elle peut entraîner des coûts élevés, des interruptions de service et des risques accrus pour la sécurité, surtout dans le cas d’infrastructures critiques ;
  • la maintenance préventive prévoit plutôt des activités programmées à intervalles de temps prédéfinis ou à l’atteinte de certains seuils d’utilisation. Cette approche permet de réduire la probabilité de défaillances soudaines, mais ne garantit pas toujours une utilisation optimale des ressources, car certaines interventions peuvent être effectuées lorsqu’elles ne sont pas strictement nécessaires ;
  • la maintenance prédictive, basée sur l’analyse des conditions réelles de l’ouvrage et sur l’utilisation de capteurs, d’inspections et de systèmes de collecte de données. Dans ce cas, les interventions sont programmées lorsque les indicateurs montrent des signes de dégradation ou mettent en évidence une probabilité croissante de défaillance ;
  • la maintenance basée sur les risques introduit un niveau d’analyse supplémentaire. En plus d’évaluer l’état de conservation de l’infrastructure et la probabilité qu’un problème se produise, elle prend également en compte les conséquences que cet événement pourrait générer. Deux éléments ayant des conditions similaires peuvent donc recevoir des priorités différentes si leur éventuelle défaillance produit des impacts différents sur la sécurité, la mobilité, l’économie locale ou la continuité du service.

Par exemple, un tronçon routier secondaire avec un trafic limité et un viaduc situé le long d’une importante artère de connexion pourraient présenter le même niveau de dégradation. Cependant, les conséquences d’une défaillance sur le viaduc seraient potentiellement beaucoup plus graves, rendant nécessaire de lui attribuer une priorité d’intervention plus élevée.

Pour cette raison, la MBR est aujourd’hui considérée comme l’une des stratégies les plus efficaces pour la gestion des infrastructures complexes, car elle permet d’allouer les ressources disponibles de manière plus rationnelle et cohérente avec le niveau de risque effectivement présent.

ApprocheQuand intervenirDonnées requisesObjectif
RéactiveAprès la défaillanceBassesRétablissement
PréventiveÀ intervalles programmésMoyennesPrévention
PrédictiveEn fonction des conditionsÉlevéesAnticipation de la défaillance
Basée sur les risquesEn fonction du niveau de risqueÉlevéesPriorisation des interventions

Pourquoi appliquer la maintenance basée sur les risques aux infrastructures routières ?

Les infrastructures routières sont essentielles pour la mobilité des personnes et des marchandises, pour les liaisons entre les zones urbaines et productives et pour la continuité des services sur le territoire. Routes, autoroutes, ponts, viaducs et tunnels représentent donc un patrimoine stratégique à gérer avec des critères de plus en plus efficaces.

De nombreuses infrastructures, cependant, ont été réalisées il y a plusieurs décennies et doivent aujourd’hui faire face à des phénomènes de vieillissement, à une augmentation des charges de trafic et à des conditions environnementales de plus en plus difficiles. À cela s’ajoutent des ressources économiques souvent limitées, ce qui rend difficile d’intervenir simultanément sur toutes les œuvres nécessitant de la maintenance.

Dans ce contexte, programmer la maintenance uniquement en fonction de l’âge de l’œuvre ou des signalements reçus n’est pas suffisant. Il faut une méthode capable d’identifier les éléments les plus critiques, de définir des priorités objectives et de soutenir des décisions transparentes.

La maintenance basée sur les risques répond à ce besoin car elle combine des données techniques, des informations opérationnelles et une analyse des risques. L’objectif est d’identifier les situations où la relation entre la probabilité de défaillance et les conséquences potentielles nécessite une intervention prioritaire, optimisant ainsi l’utilisation des ressources disponibles.

Appliquer la RBM aux infrastructures routières permet de mieux sécuriser les utilisateurs, réduire le risque de pannes soudaines et d’interruptions de service, planifier mieux les investissements en maintenance, gérer des réseaux étendus et complexes, augmenter la transparence des processus décisionnels et favoriser une gestion plus durable du cycle de vie des œuvres.

Un autre aspect particulièrement pertinent concerne la disponibilité croissante de données provenant de systèmes de surveillance, d’inspections numériques, de relevés géomatiques et de modèles d’information. Grâce à ces informations, il est aujourd’hui possible de construire des évaluations des risques de plus en plus précises et actualisées dans le temps, dépassant les logiques de maintenance basées uniquement sur l’expérience ou sur des contrôles périodiques non intégrés.

Quels facteurs considérer dans l’analyse du risque routier ?

La maintenance basée sur les risques nécessite une analyse plus large, qui prenne en compte à la fois la probabilité de défaillance et les conséquences que cet événement pourrait générer.

Pour cette raison, il est nécessaire d’intégrer des informations provenant de différentes sources, telles que des inspections, des surveillances, des données sur le trafic, des statistiques d’accidentalité et des informations environnementales. Parmi les facteurs les plus pertinents figurent l’état de conservation de l’infrastructure, l’intensité des flux de trafic, les caractéristiques du tracé, la présence d’œuvres stratégiques et le contexte territorial dans lequel l’œuvre est insérée.

Facteurs qui influencent le risque infrastructurel

Facteurs qui influencent le risque infrastructurel

État de conservation de la chaussée

L’état de conservation représente l’un des premiers paramètres à considérer dans le cadre d’une évaluation du risque. Des revêtements dégradés, des déformations superficielles, des fissures ou des phénomènes de dégradation structurelle peuvent en effet compromettre progressivement les performances de l’infrastructure et augmenter la probabilité de pannes ou de situations dangereuses.

L’analyse doit tenir compte non seulement des conditions visibles de la chaussée, mais aussi de l’état des couches profondes de la superstructure routière, des systèmes de drainage, des barrières de sécurité et des autres éléments qui contribuent à la fonctionnalité de l’ouvrage.

Les informations peuvent être recueillies par le biais d’inspections visuelles, mesures instrumentales, systèmes de surveillance continue et campagnes diagnostiques spécifiques. Plus la connaissance de l’état de conservation est précise, plus l’évaluation du risque associé au tronçon routier sera fiable.

Trafic, exposition et niveau de service

L’intensité et le type de trafic influencent directement le niveau de risque d’une infrastructure. Un tronçon caractérisé par des volumes de trafic élevés ou par une présence significative de poids lourds est généralement soumis à des sollicitations plus importantes et présente des conséquences plus graves en cas de panne ou de limitation du service.

Le rôle que l’infrastructure joue au sein du réseau de transport revêt également une importance particulière. Une route qui relie des zones de production, des hôpitaux, des ports ou des centres logistiques stratégiques peut avoir un niveau de criticité supérieur par rapport à des itinéraires alternatifs de moindre importance fonctionnelle.

Pour cette raison, l’évaluation du risque doit prendre en compte à la fois les données de trafic et le niveau de service garanti par l’infrastructure ainsi que les effets que d’éventuelles interruptions pourraient générer sur la mobilité du territoire.

Présence de ponts, viaducs, tunnels et ouvrages d’art

La présence de ponts, viaducs, tunnels, murs de soutènement et autres ouvrages d’art augmente le niveau de complexité de la gestion infrastructurelle. Ces éléments sont souvent soumis à des mécanismes de dégradation spécifiques et nécessitent des activités de surveillance et de maintenance dédiées.

De plus, une éventuelle panne ou une limitation d’usage peut avoir des répercussions significatives sur la sécurité et la continuité du trafic. Pour cette raison, ces ouvrages sont généralement considérés comme des éléments à haute criticité et revêtent un poids important dans les évaluations de risque.

Géométrie du tracé et conditions plano-altimétriques

Les caractéristiques géométriques de la route peuvent également influencer le niveau de risque. Des courbes avec des rayons réduits, de fortes pentes, des chaussées étroites, des intersections complexes ou des conditions de visibilité limitées peuvent augmenter la probabilité d’accidents et rendre plus difficile la gestion des urgences.

Les conditions plano-altimétriques influencent également les sollicitations auxquelles l’infrastructure est soumise et la vitesse à laquelle certains phénomènes de dégradation peuvent se manifester. Pour cette raison, la géométrie du tracé doit être évaluée en conjonction avec les autres paramètres techniques et fonctionnels.

Incidentalité et historique des événements critiques

Les données relatives aux incidents constituent une source précieuse pour identifier des situations de risque pas toujours évidentes lors des seules inspections techniques.

La fréquence des incidents, leur gravité, la présence de points noirs et la répétition d’événements similaires dans le temps peuvent en effet mettre en évidence des criticités liées à la configuration de la route, aux conditions de la chaussée ou à l’interaction entre l’infrastructure et les utilisateurs.

L’historique d’événements tels que des affaissements, des inondations, des glissements de terrain, des interruptions de circulation ou des interventions extraordinaires de maintenance fournit également des informations utiles pour comprendre le comportement de l’ouvrage dans le temps et estimer la probabilité que certaines problématiques puissent se reproduire.

Vulnérabilité hydro-géologique et conditions environnementales

Les infrastructures routières opèrent au sein de contextes territoriaux souvent caractérisés par différents niveaux d’exposition aux risques naturels. Les zones sujettes à des glissements de terrain, à l’érosion, aux inondations, à la subsidence ou à des phénomènes d’instabilité des versants nécessitent une attention particulière dans le cadre des analyses de risque.

Les conditions climatiques peuvent également avoir un impact significatif sur la durabilité des ouvrages. Les variations de température, le gel-dégel, une salinité élevée, des précipitations intenses ou des événements météorologiques extrêmes peuvent accélérer la dégradation des matériaux et augmenter la probabilité de dommages.

La fréquence croissante de phénomènes climatiques exceptionnels rend donc de plus en plus important d’intégrer les données environnementales dans les processus décisionnels liés à la maintenance des infrastructures.

Conséquences de la défaillance sur les utilisateurs, le réseau et le territoire

Dans la maintenance basée sur les risques, il ne s’agit pas seulement de la probabilité qu’une défaillance se produise, mais aussi de l’impact que cet événement pourrait générer.

La fermeture temporaire d’une route locale et l’interruption d’une liaison stratégique peuvent en effet produire des conséquences très différentes. Dans certains cas, le désagrément pour les utilisateurs peut être limité, tandis que dans d’autres, des répercussions graves peuvent se produire sur la mobilité, les activités économiques, les temps de parcours et l’accessibilité aux services essentiels.

Pour cette raison, les conséquences potentielles de la défaillance représentent l’un des paramètres les plus importants dans la définition des priorités d’intervention. Évaluer correctement ces impacts permet de concentrer les investissements sur les infrastructures qui jouent un rôle plus stratégique pour le territoire et pour la collectivité.

Comment fonctionne un processus de maintenance basée sur les risques pour les routes et autoroutes ?

L’application de la maintenance basée sur les risques aux infrastructures routières suit un processus structuré qui permet de transformer des données et des informations techniques en décisions opérationnelles. Bien que les modalités puissent varier en fonction des caractéristiques du réseau et des outils disponibles, le principe de base reste toujours le même : identifier les criticités les plus pertinentes et attribuer les priorités d’intervention en fonction du niveau de risque.

La première phase consiste en la collecte des informations disponibles sur l’infrastructure, y compris des données d’état civil, des résultats des inspections, des informations sur le trafic, l’historique de maintenance et d’éventuelles données de surveillance. Ensuite, les conditions des différentes composantes du réseau sont évaluées pour identifier des anomalies et des signes de dégradation.

Les données collectées sont ensuite utilisées pour estimer le risque associé à chaque actif, en combinant la probabilité de défaillance et les conséquences attendues, afin d’attribuer à chaque infrastructure un niveau de criticité et de définir les priorités de maintenance relatives.

Une fois l’analyse terminée, les éléments du réseau peuvent être classés en différentes catégories de risque. Les infrastructures considérées comme les plus critiques sont intégrées parmi les priorités d’intervention, tandis que celles caractérisées par des niveaux de risque inférieurs peuvent être soumises à des surveillances périodiques ou à des interventions programmées à moyen ou long terme.

Le processus ne se termine pas avec la planification des activités de maintenance. L’un des aspects les plus importants de la maintenance basée sur les risques est en effet le mise à jour continue des informations disponibles. De nouvelles inspections, des données de surveillance, des modifications des flux de trafic ou des changements des conditions environnementales peuvent influencer le niveau de risque et nécessiter une révision des priorités précédemment définies.

Grâce à cette approche dynamique, la maintenance n’est plus gérée comme une simple succession d’interventions programmées, mais comme un processus décisionnel continu, capable de s’adapter à l’évolution des conditions de l’infrastructure et du contexte dans lequel elle opère.

 

 

Phases d'un processus RBM

Phases d’un processus RBM

BIM, SIG, IA et BI à support de la maintenance basée sur les risques

L’efficacité de la maintenance basée sur les risques dépend en grande partie de la disponibilité de données fiables et de la capacité à les transformer en informations utiles pour le processus décisionnel. Pour cette raison, ces dernières années, la gestion des infrastructures routières a connu une intégration croissante de technologies numériques capables de soutenir l’analyse des risques et la planification des interventions.

Parmi les outils les plus pertinents, il y a le BIM (Modélisation de l’information du bâtiment), qui permet de créer des modèles numériques contenant des informations géométriques, techniques et de gestion des ouvrages. Dans le secteur des infrastructures, l’utilisation du BIM favorise une connaissance plus approfondie des actifs et une gestion plus efficace des activités de maintenance. Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter cet article dédié au BIM pour les infrastructures.

À côté du BIM, un rôle fondamental est joué par les systèmes SIG (Système d’information géographique), qui permettent d’analyser les infrastructures dans leur contexte territorial. Grâce à la géoréférenciation des données, il est possible de corréler les conditions des ouvrages avec des facteurs externes tels que le trafic, les caractéristiques environnementales, les risques naturels et la distribution des services.

L’intelligence artificielle (IA) ouvre également de nouvelles perspectives dans la gestion de la maintenance. Des algorithmes avancés peuvent traiter de grandes quantités de données provenant de capteurs, d’inspections et de systèmes de surveillance pour identifier des anomalies, reconnaître des motifs récurrents et soutenir la prévision des pannes.

Pour compléter cet écosystème numérique, il existe des plateformes de Business Intelligence (BI), qui permettent d’agréger et de visualiser des informations provenant de sources diverses à travers des tableaux de bord et des indicateurs synthétiques. De cette manière, les gestionnaires peuvent disposer d’une vision actualisée de l’état du réseau et identifier rapidement les situations nécessitant plus d’attention.

L’intégration entre BIM, SIG, IA et BI permet donc de surmonter une gestion fragmentée des informations, créant un environnement numérique où les données techniques, territoriales et opérationnelles peuvent être utilisées de manière coordonnée pour soutenir les stratégies de maintenance basée sur les risques.

Cette intégration devient particulièrement efficace lorsqu’elle est appliquée à des cas réels d’analyse du risque sur tronçons routiers, où des données géométriques, des relevés numériques, des informations territoriales, des données d’accidentalité et des tableaux de bord décisionnels peuvent être lus dans un unique système d’information.

BIM, SIG, IA et BI à support de la maintenance basée sur les risques

BIM, SIG, IA et BI à support de la maintenance basée sur les risques

Étude de cas : analyse rapide du risque sur un tronçon routier avec BIM, SIG et Business Intelligence

Un exemple concret d’application de la maintenance basée sur les risques concerne l’analyse rapide du risque sur des tronçons routiers et autoroutiers à travers l’intégration de données BIM, SIG, relevés numériques, outils de Business Intelligence et technologies de soutien à l’analyse.

L’objectif de l’étude de cas est de soutenir les organismes gestionnaires et les concessionnaires dans l’évaluation des priorités d’intervention, en mettant à disposition un système d’information capable de recueillir, organiser et corréler des données techniques, territoriales et d’inspection relatives à l’infrastructure. De cette manière, le processus décisionnel ne repose plus uniquement sur des évaluations isolées ou des contrôles périodiques, mais sur une lecture intégrée du risque associé au tronçon routier et aux ouvrages présents le long du tracé.

De la collecte de données au cadre de connaissance numérique

La première phase a concerné la construction du cadre de connaissance de l’infrastructure. Des données géométriques, des informations sur les ouvrages d’art, des relevés tridimensionnels, des nuages de points, des images à 360°, des données environnementales et des couches cartographiques relatives à des phénomènes tels que les glissements de terrain, la dangerosité hydraulique et les conditions du territoire ont été recueillies.

Les acquisitions peuvent être effectuées par différentes technologies, notamment des scanners laser mobiles, des relevés par drone, des scanners laser à longue portée et des systèmes d’acquisition photographique à 360°. Ces outils permettent d’obtenir une représentation numérique détaillée de l’axe routier, des ouvrages présents et du contexte territorial, souvent sans avoir à interrompre le trafic pendant les opérations de relevé.

Le résultat est un véritable « temps zéro numérique » de l’infrastructure, utile pour comparer l’état actuel avec des relevés ultérieurs, identifier des dégradations, des anomalies ou des variations dans le temps et soutenir les activités de suivi et de maintenance.

Intégration BIM-SIG pour lire l’infrastructure dans son contexte

Les données recueillies sont intégrées dans un environnement BIM-SIG, où des modèles d’information, des nuages de points, des cartographies et des couches territoriales peuvent être consultés dans une vue partagée unique. La géoréférenciation des informations permet de relier chaque élément de l’infrastructure à son contexte spatial, facilitant la lecture conjointe entre l’état de l’ouvrage et les conditions environnementales.

Dans ce type de système, il est possible de visualiser, par exemple, le tracé routier avec les ouvrages d’art présents, les modèles BIM, les nuages de points, les données relatives à la dangerosité hydraulique, les zones sujettes à des glissements de terrain et d’autres thématiques territoriales. Cette intégration permet de dépasser une gestion séparée des données et de construire une base d’information plus complète pour l’analyse du risque.

Analyse de l’incidentalité et identification des points critiques

Un aspect particulièrement pertinent de l’étude de cas concerne l’analyse de l’incidentalité. Les données relatives aux accidents enregistrés le long du tracé peuvent être représentées sur une base géographique et distinguées en fonction de la gravité de l’événement, du tronçon concerné et du moment où il s’est produit, par exemple, en phase diurne ou nocturne.

Cette lecture permet d’identifier les points critiques du réseau et de comprendre si la concentration des accidents est liée à des facteurs locaux, tels que la géométrie du tracé, la visibilité, la présence d’obstacles, les conditions de la chaussée, les barrières de sécurité ou les caractéristiques plano-altimétriques de la route.

Pour rendre l’analyse plus objective, le taux d’incidentalité peut également être utilisé, calculé en rapportant le nombre d’accidents aux véhicules passés et à la longueur du tronçon considéré. Cet indicateur permet de comparer le comportement d’un tronçon routier avec des valeurs moyennes de référence et d’identifier d’éventuelles conditions de risque supérieures à la moyenne.

Tableau de bord BI et priorités de maintenance

L’intégration avec des outils de Business Intelligence permet de transformer les données recueillies en tableaux de bord, graphiques et indicateurs synthétiques. Grâce à des représentations visuelles, telles que des cartes thématiques, des graphiques de dispersion ou des indicateurs de criticité, le gestionnaire peut rapidement identifier les tronçons avec un niveau de risque plus élevé et attribuer des priorités aux interventions de maintenance.

De cette manière, les données brutes provenant de sources diverses sont transformées en informations de valeur pour le processus décisionnel. Les tableaux de bord permettent de comparer des tronçons routiers, de visualiser la distribution des événements critiques, de mettre en évidence les points avec une plus grande incidence et de soutenir la programmation des interventions en fonction du degré de priorité.

La valeur de l’étude de cas réside précisément dans la possibilité de passer d’une gestion fragmentée des informations à un système numérique intégré, où les données BIM, SIG, relevés, inspections et indicateurs de risque contribuent à la définition des priorités. Dans cette perspective, la maintenance basée sur les risques devient un processus opérationnel continu, capable de se mettre à jour dans le temps avec de nouveaux relevés, de nouvelles inspections et de nouveaux événements enregistrés tout au long du cycle de vie de l’infrastructure.

De la RBM au jumeau numérique des infrastructures

L’étude de cas montre comment l’intégration entre les données BIM, SIG, relevés numériques, inspections et tableaux de bord de Business Intelligence peut représenter une base concrète pour l’évolution vers le jumeau numérique des infrastructures.

L’évolution des technologies numériques transforme progressivement la manière dont les infrastructures sont gérées tout au long de leur cycle de vie. Dans ce contexte, la maintenance basée sur les risques représente l’un des éléments fondamentaux pour la construction de modèles de gestion de plus en plus avancés, orientés vers la mise à jour continue des informations et le soutien aux décisions.

Un des concepts qui prend de plus en plus d’importance est celui de jumeau numérique, c’est-à-dire une réplique numérique de l’infrastructure qui intègre des données géométriques, des informations techniques, des données opérationnelles et des résultats des suivis dans un environnement d’information unique.

Contrairement à un simple modèle tridimensionnel, le jumeau numérique est constamment mis à jour grâce aux données provenant du terrain et permet de représenter en temps quasi réel l’état de l’ouvrage. Cela permet aux gestionnaires de suivre les conditions de l’infrastructure, de simuler des scénarios futurs et d’évaluer les effets de différentes stratégies de maintenance avant de les mettre en œuvre.

À la base de cette approche se trouve souvent la disponibilité de modèles développés selon les principes de la modélisation d’information des infrastructures (iBIM), qui permettent d’organiser et de gérer de manière structurée les informations relatives aux actifs infrastructurels.

L’intégration entre le jumeau numérique et la maintenance basée sur les risques permet d’améliorer significativement la qualité des analyses de risque. Les informations provenant de capteurs, d’inspections et de systèmes de suivi peuvent en effet alimenter en continu le modèle numérique, mettre à jour les indicateurs de criticité et soutenir la définition des priorités d’intervention.

Dans une perspective future, la convergence entre la RBM, le jumeau numérique, l’intelligence artificielle et les systèmes de suivi avancés permettra une gestion de plus en plus prédictive et proactive des infrastructures. L’objectif ne sera plus seulement d’intervenir lorsque surgit une criticité, mais d’anticiper les problèmes et d’optimiser l’ensemble du cycle de vie des actifs, améliorant ainsi la sécurité, la fiabilité et la durabilité économique.

Du donné au jumeau numérique infrastructurel

Du donné au jumeau numérique infrastructurel

Avantages et limites de la maintenance basée sur les risques

L’adoption de la maintenance basée sur les risques offre de nombreux avantages dans la gestion des infrastructures routières, surtout lorsqu’il est nécessaire d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles et de définir des priorités d’intervention basées sur des critères objectifs.

Parmi les principaux avantages de la maintenance basée sur les risques, on trouve : 

  • une plus grande capacité à identifier les infrastructures les plus critiques et à concentrer les interventions de maintenance sur celles-ci ;
  • l’amélioration de la sécurité grâce à l’identification préventive des situations à plus grand risque ;
  • une planification plus efficace des investissements et des activités de maintenance ;
  • la réduction des interruptions imprévues du service et des interventions d’urgence ;
  • une plus grande transparence dans les processus décisionnels, soutenus par des données et des indicateurs mesurables ;
  • une gestion plus durable de l’ensemble du cycle de vie des infrastructures.

Malgré ces avantages, l’application de la méthodologie présente également certaines critiques qui doivent être soigneusement considérées : 

  • la nécessité de disposer de données fiables, à jour et facilement accessibles ;
  • l’investissement initial requis pour la collecte, l’organisation et la numérisation des informations ;
  • la complexité d’intégration entre sources de données, systèmes de surveillance et plateformes de gestion différentes ;
  • l’implication de compétences multidisciplinaires pour l’analyse des risques et l’interprétation des résultats ;
  • la nécessité de mettre à jour périodiquement les évaluations pour maintenir le système efficace dans le temps.

Comment mettre en place une stratégie de maintenance basée sur les risques pour les infrastructures routières ?

L’implémentation d’une stratégie de maintenance basée sur les risques nécessite un processus structuré permettant de transformer les données et informations techniques en décisions opérationnelles. En général, le parcours peut être articulé selon les étapes suivantes : 

  1. recenser les actifs infrastructurels : la première étape consiste à identifier et cataloguer les infrastructures à gérer, en recueillant des informations sur les routes, les ponts, les viaducs, les tunnels et d’autres ouvrages présents dans le réseau ;
  2. rassembler et organiser les données disponibles : il est nécessaire de centraliser les données relatives à l’état de conservation, aux inspections, aux surveillances, au trafic, aux interventions réalisées et aux événements critiques enregistrés dans le temps ;
  3. définir les critères d’évaluation des risques : il faut établir quels paramètres utiliser pour estimer la probabilité de défaillance et les conséquences possibles associées, en tenant compte des caractéristiques du réseau et des objectifs de gestion ;
  4. classer les infrastructures en fonction du niveau de risque : l’analyse permet d’identifier les actifs les plus critiques et d’attribuer des priorités objectives aux interventions de maintenance ;
  5. planifier les interventions et allouer les ressources : sur la base des priorités identifiées, il est possible de programmer les activités de maintenance et d’affecter les ressources économiques aux ouvrages présentant le plus haut niveau de criticité ;
  6. surveiller et mettre à jour périodiquement les évaluations : la maintenance basée sur les risques est un processus dynamique. De nouvelles données provenant d’inspections, de capteurs et de surveillances doivent être utilisées pour mettre à jour continuellement les analyses et adapter les stratégies de maintenance à l’évolution des conditions de l’infrastructure.

La maintenance basée sur les risques représente aujourd’hui l’une des approches les plus efficaces pour améliorer la gestion des infrastructures routières, optimiser les investissements de maintenance et augmenter les niveaux de sécurité et de fiabilité du réseau. L’intégration avec des technologies numériques, des systèmes de surveillance et des plateformes de gestion des actifs permet également de soutenir des décisions de plus en plus éclairées et basées sur les données.

Pour gérer efficacement l’ensemble du cycle de vie des routes, des ponts et d’autres ouvrages infrastructurels, découvrez le logiciel pour la gestion des actifs d’infrastructure, conçu pour centraliser les données, les surveillances et les processus de maintenance dans un environnement numérique unique.

FAQ sur la maintenance basée sur les risques

Qu’est-ce que la maintenance basée sur les risques ?

La maintenance basée sur les risques est une stratégie de maintenance qui définit les priorités d’intervention en fonction du niveau de risque des actifs. Le risque est évalué en considérant la probabilité de défaillance ou de dégradation et les conséquences que cet événement pourrait générer sur la sécurité, le service, les utilisateurs et le territoire.

Comment calcule-t-on le risque dans la maintenance des infrastructures ?

Le risque peut être estimé en combinant différents facteurs, notamment la probabilité de défaillance, les conséquences, la vulnérabilité de l’ouvrage, l’exposition et la dangerosité du contexte. Dans le domaine infrastructurel, ces éléments peuvent être synthétisés à travers des matrices de risque, des classes d’attention, des indices de criticité et des KPI de maintenance.

Quelles données sont nécessaires pour appliquer la maintenance basée sur les risques ?

Pour appliquer la maintenance basée sur les risques, il faut des données d’état civil des actifs, des inspections, des relevés géométriques, l’état de conservation, des informations sur le trafic, l’historique des interventions, des données d’incidentalité, des suivis structurels et des informations environnementales ou territoriales.

Quel rôle jouent le BIM et le SIG dans la maintenance basée sur les risques ?

Le BIM permet d’organiser les informations géométriques, techniques et de gestion des actifs infrastructurels, tandis que le SIG permet de lire ces informations dans leur contexte territorial. L’intégration BIM-SIG aide à relier l’état de l’ouvrage avec des facteurs externes tels que le trafic, les glissements de terrain, le risque hydraulique, l’incidentalité et l’accessibilité.

Pourquoi la Business Intelligence est-elle utile dans la maintenance basée sur les risques ?

La Business Intelligence permet d’agréger des données provenant de sources diverses et de les transformer en tableaux de bord, graphiques et indicateurs synthétiques. De cette manière, les gestionnaires peuvent identifier rapidement les actifs les plus critiques, comparer différents tronçons routiers et programmer les interventions en fonction du niveau de priorité.

Quel est le lien entre la maintenance basée sur les risques et le jumeau numérique ?

Le jumeau numérique peut alimenter et mettre à jour au fil du temps le processus de maintenance basée sur les risques, en intégrant des données provenant de relevés, de capteurs, d’inspections, de modèles BIM, SIG et de systèmes de suivi. Cela permet d’évaluer l’évolution du risque et d’améliorer la planification des interventions tout au long du cycle de vie de l’infrastructure.

 

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