Isolation des murs creux : comment la réaliser
L'isolation des murs creux est une technique intéressante pour améliorer l’efficacité énergétique de l’immeuble, qu'il soit neuf ou existant

Dans le bâtiment, il existe différentes technologies relatives à l’emploi de l’isolation thermique, qui se distinguent principalement par le positionnement de l’isolant : à l’extérieur, à l’intérieur ou en entre parois
La position de l’isolant influence la distribution de la température et de la pression de saturation de la vapeur d’eau dans le mur, avec les conséquences qui concernent le bien-être thermo hygrométrique.
Pour avoir toujours à portée de main les valeurs des conductivités des matériaux et ne pas avoir à consulter chaque fois les fiches techniques, vous pouvez recourir à un logiciel professionnel pour la simulation énergétique, accompagné d’un catalogue de matériaux avec leurs conductivités respectives. Cela vous facilite le calcul des transmittances de structures complexes et de stratigraphies en choisissant simplement les matériaux ou les couches qui les composent.

Isolation des murs creux issu du logiciel TerMus PLUS
Table des matières
Que signifie l’isolation des murs creux
Le terme «murs creux» fait référence à l’espace vide de différentes épaisseurs qui, surtout dans les bâtiments de construction moins récente, se trouve entre le revêtement extérieur et celui intérieur des murs périphériques : l’air contenu dans cet espace limite l’échange thermique avec l’extérieur, jouant ainsi le rôle d’isolant thermique.
L’espace creux peut être de deux types : fermé ou ventilé.
L’isolation des murs creux représente une solution efficace pour améliorer l’efficacité énergétique des murs opaques verticaux d’un bâtiment.
Cette technique, bien que moins connue que le système d’isolation par l’extérieur, si elle est correctement réalisée, contribue significativement à la réduction des pertes thermiques et à l’augmentation du confort de vie.
Par isolation thermique des murs creux, on entend donc cette solution de conception qui consiste à insérer un matériau isolant dans l’espace vide compris entre deux murs, défini justement comme mur creux. Les murs qui délimitent cet espace peuvent varier en épaisseur et en caractéristiques constructives.
Grâce à la flexibilité des matériaux et aux modalités d’intervention, l’isolation des murs creux peut être appliquée tant dans les nouveaux bâtiments que, dans de nombreux cas, dans des bâtiments existants. Les murs à double paroi sont, en effet, courants même dans les constructions du siècle dernier, souvent réalisés avec deux couches de briques.
L’isolation thermique doit être réalisée avec un soin et une attention particuliers, car une isolation inadéquate, mal posée ou un mur non traité avec les bonnes précautions, réduit les performances énergétiques de l’ensemble du bâtiment. Cela peut, en effet, entraîner l’aggravation des ponts thermiques et créer de la moisissure même dans des zones de la construction où elle n’était pas présente auparavant.
Si négligés ou traités de manière incorrecte, en effet, les ponts thermiques peuvent provoquer des conditions de gêne dans l’habitat, se manifestant par des formations de condensation et de moisissures, ainsi qu’une augmentation des pertes énergétiques et économiques pour le chauffage ou le refroidissement des espaces intérieurs. Ainsi, l’analyse des ponts thermiques constitue une étape incontournable pour une évaluation précise des performances énergétiques d’un bâtiment.
Afin d’éviter de compromettre les performances d’efficacité énergétique de l’immeuble et de prévenir le risque de formation de moisissures aux points où se trouve le pont thermique, vous pouvez utiliser le logiciel de calcul des ponts thermiques : dessinez des structures identiques aux conditions réelles et obtenez immédiatement des résultats hautement professionnels.

Mur isolé entre parois issu du logiciel TerMus BRIDGE
Types d’isolants pour mur creux
Différents matériaux peuvent être utilisés comme isolants à l’intérieur des interstices, chacun ayant des caractéristiques techniques et applicatives spécifiques. Voici les principaux :
- laine minérale : la laine minérale est un terme générique qui comprend à la fois la laine de verre et la laine de roche, couramment utilisées pour leur faible conductivité thermique et leur capacité d’isolation acoustique ;
- mousses polyuréthaniques : ces matériaux s’étendent pour remplir l’interstice, créant une barrière continue. Ils ont une haute capacité isolante, mais doivent être gérés avec précaution pour éviter des risques environnementaux ;
- fibre de cellulose : fabriquée à partir de papier recyclé traité avec des substances ignifuges, elle offre une bonne isolation thermique et est écologique ;
- perlite et vermiculite : minéraux inorganiques qui fournissent isolation, résistance au feu et n’absorbent pas l’humidité. Ils sont adaptés pour remplir des interstices étroits ;
- matériaux réfléchissants : feuilles d’aluminium réfléchissant ou autres matériaux métalliques utilisés pour réduire la chaleur radiante.
Cavité à caisse vide
Lorsque l’on se trouve dans la condition de concevoir une maçonnerie à double paroi avec une cavité, il est toujours conseillé de garantir un niveau minimum de ventilation de l’interstice pour éviter les accumulations d’humidité dues à des phénomènes de condensation ou des infiltrations météorologiques, qui peuvent résulter d’erreurs de conception ou de construction.
À cette fin, il suffit généralement de prévoir de petites ouvertures dans la partie inférieure de la maçonnerie. Ces ouvertures peuvent être créées en installant des grilles métalliques à la place d’une brique tous les deux mètres environ, ou en laissant quelques joints verticaux sans mortier dans la première rangée de briques (environ un tous les trois briques).
Il est important de prendre en compte la position de l’isolant pour ce type de structures.
Lorsque le panneau isolant est placé du côté intérieur du mur extérieur, il est préférable de maintenir une lame d’air de quelques centimètres vers l’intérieur, ce qui garantit une protection contre d’éventuelles infiltrations d’eau et améliore la résistance thermique globale de la maçonnerie.
Dans le cas où l’isolant est plutôt placé du côté extérieur du mur intérieur, il est essentiel que le matériau possède une adéquate perméabilité à la vapeur et résistance à l’humidité, car la condensation interstitielle peut compromettre ses performances. De nombreux isolants ont tendance à absorber l’humidité, ce qui peut entraîner une dégradation rapide de leur capacité isolante.
Il est donc recommandé de réaliser des interstices ventilés, permettant à l’isolant de sécher et réduisant le risque de croissance de moisissures et de champignons. La ventilation est obtenue grâce à des ouvertures appropriées sur le parement extérieur, tandis que les propriétés thermo isolantes dépendent principalement de la qualité du parement intérieur et de la couche isolante.
Pour faire face au problème des ponts thermiques, fréquent dans les structures à ossature, il est possible d’étendre le parement extérieur et la couche isolante de manière à couvrir les piliers et les planchers, améliorant ainsi la continuité de l’isolation et réduisant les pertes de chaleur.
Avantages et inconvénients
Ce type de maçonnerie présente surtout les avantages suivants :
- le mur porteur situé à l’intérieur possède, ou est généralement conçu pour posséder, une grande inertie thermique qui accumule et maintient la chaleur, assurant une excellente isolation et un confort thermique ;
- l’interstice permet l’utilisation d’une grande variété de matériaux, y compris ceux en vrac (fibres de cellulose, granulés de perlite, vermiculite expansée, granulés de liège, etc.) peu adaptés à une application à l’extérieur ;
- les caractéristiques du matériau en terre cuite permettent au mur (extérieur) apparent de résister, pendant longtemps, aux cycles de gel et de dégel qui peuvent se produire au cours de la vie du bâtiment ;
- le mur et le poids plus important de la brique apparente garantissent un pouvoir phonique très élevé (environ 50 décibels). Ce dernier augmente de 0,7 décibel pour chaque augmentation de 10 kg/m2 du poids de la maçonnerie.
Comme toute solution, l’isolation par interstice présente certaines limites qui nécessitent une évaluation attentive avant de choisir le système isolant le plus adapté. Tout d’abord, la présence de l’interstice augmente l’épaisseur globale des murs, un aspect qui peut poser problème dans des bâtiments où les espaces sont déjà très limités. Dans le cas de bâtiments existants, de plus, les dimensions et la configuration de l’interstice pourraient ne pas être idéales pour une isolation efficace, réduisant ainsi ses performances. Enfin, dans certains contextes, les coûts d’installation peuvent être supérieurs à ceux d’autres techniques isolantes.
Comment réaliser une isolation par cavité dans des bâtiments neufs
La réalisation d’une isolation par interstice dans un bâtiment de nouvelle construction est plutôt simple. Déjà à la phase de conception, les structures et les principaux nœuds constructifs sont étudiés en tenant compte de l’insertion de l’isolation de cette manière. En effet, des structures à double paroi sont prévues, pouvant être réalisées avec différents matériaux tels que la terre cuite, le béton ou le bois. Pour obtenir les meilleures performances thermiques, il est conseillé d’utiliser deux couches de mur avec des épaisseurs et des masses différentes, en considérant attentivement le comportement global de la structure. Le choix des matériaux isolants est large et flexible, car l’isolant est posé directement lors de la construction du mur lui-même.
Comment réaliser une isolation par cavité dans des bâtiments existants
Dans le cas des bâtiments existants, il est nécessaire de recourir à la technique de l’insufflation. La technique de l’insufflation dans un interstice à caisse vide prévoit l’insertion de matériau isolant en vrac à l’intérieur de l’espace entre les murs périmétriques d’un bâtiment. Cette intervention est réalisée en pratiquant une série de trous espacés de 80-100 cm, à environ 30 cm du sol et du plafond, sur le côté extérieur ou intérieur du mur. L’insufflation est utilisée non seulement dans les interstices muraux, mais aussi pour isoler les combles et les cavités telles que les vide sanitaires et les joints.
Un inconvénient de cette technique est qu’elle n’offre pas un contrôle visuel sur le positionnement précis du matériau à l’intérieur du mur, rendant difficile de garantir une distribution uniforme et compacte, sans vides ou accumulations.
De plus, cette technique peut avoir une influence négative sur les ponts thermiques, allant même jusqu’à favoriser la formation de pertes thermiques au niveau des planchers.
Cependant, l’insufflation pourrait être la seule intervention possible et présente des avantages significatifs en termes de coûts réduits et de rapidité de pose par rapport à d’autres solutions d’isolation.


